Sept jeunes femmes, dont des mineures, ont été retrouvées dans un appartement à Ziguinchor, dans le sud du Sénégal, dans le cadre d’une enquête sur un réseau présumé de traite et d’exploitation sexuelle.
L’antenne régionale de Ziguinchor de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a conduit au parquet, le 15 septembre, deux personnes soupçonnées d’être impliquées dans un réseau transnational présumé de traite des personnes à des fins d’exploitation sexuelle, a indiqué, mardi, le service.
Les deux mises en cause sont poursuivies notamment pour association de malfaiteurs, proxénétisme, extorsion de fonds, traite des personnes à des fins d’exploitation sexuelle, faux et usage de faux en documents administratifs et complicité de viol.
L’affaire a débuté après le signalement de la présence de plusieurs jeunes femmes étrangères dans un appartement situé à Kandialang, à Ziguinchor, dans le sud du pays, susceptibles d’être victimes de traite, selon la DNLT.
Les investigations ont conduit à la découverte de sept ressortissantes de pays de la sous-région, dont certaines âgées de 14 ans. Elles ont été conduites dans les locaux du service pour vérification et audition.
D’après leurs déclarations, les jeunes femmes auraient été recrutées en Sierra Léone, certaines ayant transité par la Guinée-Bissau, sur la base de promesses d’emploi ou de meilleures conditions de vie avant d’être acheminées à Ziguinchor et soumises à une exploitation sexuelle.
Elles ont mis en cause les deux suspectes, qu’elles présentent comme des intermédiaires d’un réseau opérant entre la Sierra Léone, la Guinée-Bissau et le Sénégal.
Les victimes ont également déclaré qu’une dette de 1,5 million de FCFA leur aurait été imposée. Certaines auraient entièrement remboursé cette somme, tandis que d’autres auraient continué à s’en acquitter.
Elles ont par ailleurs affirmé percevoir 3 000 FCFA par client, les recettes étant remises quotidiennement aux recruteuses. Des cahiers retrouvés sur place comporteraient des noms et différents montants correspondant aux recettes enregistrées, selon les enquêteurs.
Les jeunes femmes ont également fait état de la confiscation de leurs documents d’identité et de leurs téléphones portables, ainsi que de pratiques à caractère rituel destinées, selon leurs déclarations, à exercer une emprise sur elles. Des vidéos auraient notamment été réalisées à cette occasion.
L’enquête a également relevé des anomalies présumées concernant certains carnets sanitaires. Des victimes ont affirmé ne s’être jamais présentées personnellement dans un district sanitaire et ont soutenu que leurs documents auraient été établis à partir de pièces anciennes, avec notamment des substitutions de photographies et des modifications d’informations relatives à leur identité et à leur âge.
Un cas concernant une victime qui aurait été recrutée en Sierra Léone à l’âge de 14 ans a particulièrement retenu l’attention des enquêteurs. Selon son témoignage, ses parents auraient été trompés sur la nature de l’emploi proposé et un faux document d’identité aurait été établi pour la faire passer pour majeure avant son transfert en Guinée-Bissau.
Elle aurait ensuite été placée sous le contrôle d’une autre personne et, après avoir refusé de se livrer à la prostitution, aurait subi des violences sexuelles avant d’être transférée à Ziguinchor pour y poursuivre son exploitation.
Confrontées aux déclarations recueillies au cours de l’enquête, les deux suspectes auraient, pour l’essentiel, reconnu les faits, admettant avoir recruté certaines des jeunes femmes et les avoir hébergées en vue de leur exploitation sexuelle.
Les deux personnes ont été conduites au parquet le 15 septembre, tandis que l’enquête se poursuit pour déterminer l’étendue du réseau et les responsabilités des différents protagonistes.
AC/Sf/APA





