Après plus de soixante ans de présence continue, la France a définitivement fermé ses dernières bases militaires au Sénégal ce jeudi 17 juillet, scellant la fin de sa présence permanente en Afrique de l’Ouest.
La présence militaire permanente de la France au Sénégal s’est officiellement achevée lors d’une cérémonie solennelle au camp Geille de Ouakam à Dakar, en présence du chef d’état-major général des armées sénégalaises, le général Mbaye Cissé, et de plusieurs hautes autorités militaires, diplomatiques et traditionnelles, françaises et sénégalaises.
Soulignant l’aboutissement de « plusieurs mois de discussions fraternelles », le général Mbaye Cissé a insisté sur la volonté du Sénégal de bâtir un « partenariat rénové » avec la France, intégralement fondé sur « le respect mutuel et la souveraineté de chaque partie ».
Le nouveau cadre de coopération portera désormais principalement sur l’instruction, la formation et l’entraînement, avec la possibilité d’élargir à toute activité stratégique jugée nécessaire par les forces sénégalaises.
« Fidèles à leurs principes, les armées sénégalaises s’engagent à œuvrer à la mise en place effective d’un partenariat efficace, équilibré, fondé sur le respect mutuel et la souveraineté de chaque partie », a déclaré le général Cissé, rendant par la même occasion hommage à la communauté de Ouakam pour son hospitalité et aux populations venues témoigner leur reconnaissance aux forces françaises.
Le général Pascal Ianni, commandant du Commandement français pour l’Afrique, a salué la dimension historique de ce moment : « Nous sommes rassemblés aujourd’hui pour acter le transfert aux forces armées sénégalaises du camp Geille, l’un des symboles les plus forts du partenariat militaire entre la France et le Sénégal ».
Un retrait progressif et concerté à l’échelle du pays
La cérémonie du 17 juillet a marqué l’ultime étape d’un calendrier de retrait soigneusement négocié : dès fin mars 2025, d’autres sites historiques tels que le camp Maréchal (dans le parc de Hann) et le camp Saint-Exupéry, tous deux dédiés à des activités logistiques et de soutien, avaient déjà été restitués. Le quartier Contre-Amiral Protet, au port de Dakar, a aussi été évacué à la même période. Le centre de transmissions interarmées de Rufisque, essentiel pour la sécurité des communications le long de l’Atlantique, est passé sous contrôle sénégalais le 1er juillet.
Avec la restitution du camp Geille de Ouakam, centre névralgique et ultime bastion français, les Éléments français au Sénégal (EFS) cessent donc officiellement d’exister, refermant le chapitre d’une présence militaire ininterrompue depuis l’indépendance du pays en 1960.
Ce retrait, mené sans précipitation mais selon un calendrier concerté entre Paris et Dakar, illustre le choix assumé d’une nouvelle politique sécuritaire, fondée sur la souveraineté et le partenariat d’égal à égal. « Cette transformation profonde de notre relation ne signifie pas une rupture, mais l’ouverture d’une page nouvelle », a conclu le général Ianni. Désormais, la coopération militaire entre la France et le Sénégal sera centrée sur la formation ponctuelle et l’appui technique, en fonction des besoins exprimés par Dakar.
SS/ac/Sf/APA






