L’Ouganda prend des mesures audacieuses pour intégrer les services de santé relatifs aux maladies transmissibles et non transmissibles, afin de lutter contre le double fardeau croissant de ces maladies, avec le soutien de l’OMS et un engagement fort pour une approche multisectorielle.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé vendredi que l’Ouganda mettait en œuvre des initiatives pour intégrer la prestation de services de santé relatifs aux maladies transmissibles (MT) et aux maladies non transmissibles (MNT), face à l’augmentation conjointe de ces pathologies dans le pays.
Lors de la Conférence nationale annuelle sur les MT et les MNT et de la 19e Conférence scientifique conjointe sur la santé, la ministre ougandaise de la Santé, Jane Ruth Aceng Ocero, a souligné l’urgence d’une action concertée.
« La promotion de la santé et la lutte contre les maladies ne relèvent pas de la seule responsabilité du secteur de la santé, mais nécessitent une collaboration active entre les différents secteurs », a-t-elle déclaré.
Organisée sous le thème « Action concertée contre les maladies transmissibles et non transmissibles », la conférence visait à explorer les liens entre MT et MNT et à formuler des recommandations concrètes pour éliminer les maladies prioritaires et promouvoir l’équité en santé.
Le Dr Queen Dube, du siège de l’OMS, a plaidé pour une approche multisectorielle, rappelant que « la plupart des causes de mauvaise santé se situent en dehors du secteur de la santé. Les MT et les MNT partagent des facteurs de risque et des comorbidités, et se disputent souvent les mêmes ressources. L’intégration n’est pas seulement logique, elle est essentielle. »
Les délibérations ont permis d’identifier quatre leviers clés pour l’intégration : la suppression des cloisonnements grâce à des solutions innovantes adaptées au contexte local ; l’harmonisation des systèmes de santé, avec interopérabilité des plateformes de données, coordination des chaînes d’approvisionnement et formation intégrée du personnel ; la promotion de la prévention précoce parallèlement aux soins curatifs ; et l’investissement dans les soins de santé primaires (SSP), avec intégration des services VIH, tuberculose, paludisme et comorbidités associées.
La Dre Diana Atwine, secrétaire permanente au ministère de la Santé, a affirmé la faisabilité de l’intégration malgré des ressources limitées : « Les données scientifiques sont bien établies et la pratique est claire… même avec des ressources minimales, nous pouvons y arriver. »
Le Dr Kasonde Mwinga, lors de la présentation de l’OMS, a salué le leadership de l’Ouganda, affirmant que l’engagement du pays pour des services intégrés et centrés sur les personnes constitue un exemple à suivre dans la région.
Ajoutant : « En harmonisant les stratégies nationales avec une vision régionale plus large, nous pouvons relever les défis sanitaires complexes avec unité et détermination. Ensemble, nous pouvons bâtir une Afrique plus saine, plus résiliente et plus prospère, où personne n’est laissé pour compte. »
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