Au Maroc, l’assureur-crédit Coface a maintenu en juin la note « B », une appréciation modérée, mais qui confirme la position du Royaume comme le pays le plus résilient du Maghreb. La note inchangée du Maroc dans ce contexte volatile est donc à la fois un signal positif et une alerte prudente.
Dans un contexte mondial marqué par une intensification des tensions commerciales et géopolitiques, l’assureur-crédit Coface a maintenu, dans sa dernière évaluation semestrielle publiée en juin, la note de risque pays du Maroc à « B ». Une note modérée, mais qui confirme la position du Royaume comme le pays le plus résilient du Maghreb en matière de stabilité économique et de solvabilité des entreprises.
Alors que quatre pays et vingt-trois secteurs d’activité à travers le monde ont vu leur évaluation abaissée, le Maroc échappe à toute dégradation. Cette résistance s’explique, selon Coface, par la stabilité relative du cadre macroéconomique marocain, la diversification progressive de son économie et sa capacité à amortir les chocs exogènes. Le pays reste cependant classé dans une zone de risque « assez élevé », la note « B » se situant au cinquième rang sur une échelle de huit, allant de « A1 » (risque très faible) à « E » (risque extrême).
En Afrique du Nord, cette performance contraste fortement avec celle des voisins régionaux. L’Algérie, en proie à une forte dépendance aux hydrocarbures, à une économie peu diversifiée et à des tensions sociopolitiques persistantes, affiche un risque plus élevé, selon Coface. La Tunisie, quant à elle, continue de subir les effets d’une instabilité politique chronique, d’un endettement public croissant et d’une faible capacité à attirer l’investissement privé, ce qui pénalise lourdement son profil de risque. La Libye, enfin, demeure classée parmi les pays à risque extrême, en raison de l’insécurité permanente, de l’absence d’institutions unifiées et de la volatilité de ses revenus pétroliers.
Cette hiérarchie régionale confirme le positionnement du Maroc comme un pôle de relative stabilité en Afrique du Nord. À l’échelle du continent africain, il figure dans le trio de tête derrière l’île Maurice et le Rwanda, tous deux notés « A4 », soit un niveau de risque « convenable ». Coface souligne néanmoins les limites de cette résilience marocaine, liées notamment à la structure de son tissu économique, composé à 90 % de très petites entreprises (TPE), dont une grande partie opère dans l’informel, exposant le pays à des risques d’impayés structurels.
En toile de fond, l’évaluation intervient sur fond de guerre commerciale relancée par les États-Unis, de tensions au Moyen-Orient et de perspectives mondiales en berne. Ces éléments pèsent sur la dynamique économique globale, y compris dans les pays du Maghreb, fortement interconnectés avec les marchés européens. Coface anticipe pour l’ensemble du continent africain une croissance de +3,7 % en 2025, portée principalement par les économies les moins dépendantes des matières premières et engagées dans une diversification productive.
L’assureur-crédit alerte par ailleurs sur les incertitudes énergétiques, notamment celles liées au conflit Israël-Iran et à la menace d’un blocage du détroit d’Ormuz. Une flambée des prix du pétrole au-delà de 100 dollars le baril ne serait pas exclue, avec des répercussions importantes pour les pays importateurs nets comme le Maroc et la Tunisie, mais aussi pour les équilibres budgétaires des pays producteurs tels que l’Algérie et la Libye.
La note inchangée du Maroc dans ce contexte volatile est donc à la fois un signal positif et une alerte prudente. Elle reflète une résilience relative, mais aussi la nécessité pour les pays du Maghreb de poursuivre leurs réformes structurelles pour renforcer la robustesse de leurs économies face aux incertitudes mondiales croissantes.
MK/Sf/ac/APA





