Un ressortissant kenyan condamné à mort en Arabie Saoudite pour homicide involontaire a été libéré mercredi et s’apprête à regagner son pays, a annoncé le ministère kenyan des Affaires étrangères.
Stephen Munyakho, dont l’exécution était initialement prévue en mai dernier, a bénéficié d’une intense campagne diplomatique menée par les plus hautes autorités kenyanes, selon un communiqué du Bureau du Secrétaire du Cabinet parvenu à APA.
La libération fait suite à l’acceptation par la famille de la victime d’une diyya (prix du sang) d’environ 129 millions de shillings kenyans (près d’un million de dollars), permettant ainsi de commuer la peine capitale.
« M. Munyakho a été libéré et devrait rentrer chez lui dès aujourd’hui », indique le communiqué signé par Jacob Ng’etich, directeur du Service de presse du ministère des Affaires étrangères.
L’affaire avait mobilisé les plus hautes sphères de l’État kenyan. Le ministre des Affaires étrangères Musalia Mudavadi était personnellement intervenu auprès de son homologue saoudien, tandis que le président William Ruto avait sollicité directement Mohammed ben Salmane Al Saoud, le dirigeant du royaume.
« Immédiatement après l’annonce de la sentence de mort, Mudavadi a écrit au ministre saoudien des Affaires étrangères et a plaidé pour la clémence », précise le document officiel.
Les négociations se sont intensifiées après que Mudavadi eut rencontré au Kenya la famille de Munyakho, « qui luttait pour réunir le montant substantiel de compensation exigé ». Le ministre a œuvré pour « persuader la famille du défunt de réduire le montant afin de permettre une résolution plus rapide ».
Conformément aux dispositions légales saoudiennes, Munyakho a effectué l’Umrah (petit pèlerinage) à la demande de l’ambassade du Kenya avant d’être transféré de prison vers un centre de déportation.
L’ambassade kenyane a préparé un Document de Voyage d’Urgence, le passeport du détenu ayant expiré durant son incarcération. Les autorités saoudiennes ont accepté de prendre en charge l’intégralité des frais de rapatriement.
« Mudavadi a exprimé sa satisfaction que M. Munyakho soit bientôt de retour pour retrouver sa famille », souligne le communiqué, qui salue « les efforts collaboratifs qui ont mené à sa libération ».
Cette affaire illustre l’engagement du Kenya à « protéger les droits et la dignité de ses citoyens à l’étranger », réaffirment les autorités, qui remercient les autorités saoudiennes pour leur coopération.
Le cas Munyakho s’inscrit dans une série d’interventions diplomatiques kenyanes pour sauver ses ressortissants de la peine capitale dans les pays du Golfe, où de nombreux travailleurs migrants est-africains sont employés.
AC/Sf/APA







