L’actualité ouest-africaine est marquée mercredi par des développements multiples, allant de la campagne d’influence russe au Sahel aux tensions entre le Mali et l’Algérie, en passant par l’expulsion de Maliens de Mauritanie et les défis économiques de l’UEMOA à Dakar, où le FMI demande des clarifications sur la « dette cachée ».
Jeune Afrique met en lumière « les dessous d’une campagne de propagande russe » au Sahel orchestrée à travers de « faux experts ». Le Burkina Faso a été le théâtre d’une vaste opération d’influence entre 2022 et 2023. L’enquête du journal révèle un réseau de médias utilisés pour diffuser un discours favorable à la Russie et hostile à la France, un narratif toujours largement répandu aujourd’hui.
Au Mali, Maliweb rapporte une montée des tensions entre Bamako et Alger. Une « grande mobilisation » s’est tenue le lundi 8 avril devant l’ambassade d’Algérie à Bamako, où des milliers de manifestants ont dénoncé le rôle « trouble » de l’Algérie dans la lutte contre le terrorisme. A l’origine de cette colère, l’abattage d’un drone malien par l’armée algérienne dans la nuit du 1er avril à Tinzaouatène, un acte perçu par de nombreux Maliens comme une « provocation inadmissible » et un potentiel casus belli, selon le média.
Par ailleurs, Mali Tribune rapporte que près de 3000 ressortissants maliens ont été expulsés de Mauritanie depuis mars 2025. C’est ce qu’a affirmé Mohamed Ag Mattou, chargé de mission, lors d’une rencontre le 5 avril à Kayes entre une délégation ministérielle, les autorités locales et les migrants expulsés.
A Dakar, Republic of Togo indique que l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a tenu une réunion le 3 avril pour tracer sa feuille de route en matière de croissance, de stabilité et d’intégration économique. Eco & Finances, cité par le média, précise que les discussions ont porté sur l’évaluation de la situation macroéconomique et les perspectives de croissance pour 2025.
En Guinée, Maliweb évoque une nouvelle sortie d’Alpha Condé, l’ancien président renversé par un coup d’Etat militaire en 2021. Dans un message adressé à ses partisans, il les exhorte à ne pas céder aux « stratégies sournoises » du Conseil national du rassemblement pour la démocratie (CNRD), qu’il accuse de vouloir affaiblir son parti.
En Côte d’Ivoire, Abidjan.net souligne que la Police nationale a identifié et entamé des actions contre les auteurs d’une campagne de désinformation visant le président Alassane Ouattara. Un rapport confidentiel, consulté le 8 avril par le média, révèle que cette opération coordonnée avait pour objectif de semer le doute sur l’état de santé du chef de l’État.
Par ailleurs, Le Monde Afrique indique que le gouvernement ivoirien adopte une position ferme face à la grève des enseignants. Alors que ces derniers réclament une prime équivalente à celle d’autres fonctionnaires, plusieurs syndicalistes ont été arrêtés puis relâchés après avoir assisté au procès d’un de leurs camarades. Ces interpellations sont perçues comme une tentative d’intimidation, à quelques mois de l’élection présidentielle du 25 octobre.
Enfin, au Sénégal, Le Soleil revient sur l’affaire de la « dette cachée », mettant en avant les attentes du Fonds monétaire international (FMI). Après une rencontre avec le président Bassirou Diomaye Faye, Abebe Aemro Selassie, directeur du département Afrique du FMI, a exigé une consolidation des chiffres gouvernementaux avant fin avril.
Le FMI a également démenti avoir prévu une audience avec l’Alliance pour la République (APR), le parti de l’ex-président Macky Sall, dont le régime est accusé d’avoir maquillé les comptes publics entre 2019 et 2024, portant la dette à près de 100 % du PIB.
ODL/te/Sf/APA






