La presse ouest-africaine du 6 août 2025 revient sur des sujets variés et essentiels : la résilience face aux mariages précoces au Sénégal, les combats pour la justice en Mauritanie, la reprise du dialogue politique en Côte d’Ivoire, les critiques sur les dépenses présidentielles au Nigéria, les réformes institutionnelles au Mali, les progrès en gouvernance locale en Gambie, et les enjeux économiques autour du cacao en Afrique. Un panorama complet des défis sociaux, politiques et économiques qui façonnent la région.
Au Sénégal, le témoignage poignant d’Hawa Diaw, rapporté par Seneweb, met en lumière la double peine que subissent certaines femmes victimes de mariages précoces et de complications obstétricales. Mariée à 13 ans et mère de sept enfants, Hawa a longtemps souffert de fistule obstétricale, une affection causée par un accouchement difficile dans des conditions précaires. Après plusieurs interventions chirurgicales infructueuses, c’est à Tambacounda qu’elle a trouvé un traitement salvateur. « Mon bébé est sorti par le pied… », confie-t-elle, évoquant l’un des épisodes les plus douloureux de sa vie. Son témoignage illustre les carences en santé reproductive dans les zones rurales et le rôle essentiel du soutien familial dans les parcours de soins. À plus de 50 ans, elle dit vivre avec les séquelles, mais se déclare « rétablie », tout en continuant à prendre des précautions sanitaires.
En Mauritanie, Africaguinee dévoile le calvaire d’Amara Camara, un Guinéen détenu depuis 17 ans dans une prison pour une affaire de meurtre qu’il nie avoir commis. Condamné à mort en 2008 pour « complicité de meurtre » d’une ressortissante française, sa famille clame son innocence et appelle à son rapatriement en Guinée. Le récit repose sur le témoignage d’un codétenu bissau-guinéen, qui affirme qu’Amara n’est pas impliqué. Une ONG, la Fondation Sahel, a interpellé le consulat guinéen à Nouakchott pour exiger une démarche d’extradition. « Il n’a aucun parent en Mauritanie », alerte sa sœur dans un appel lancé le 5 août.
En Côte d’Ivoire, Abidjan.net rapporte une reprise du dialogue politique entre le parti au pouvoir, le RHDP, et la coalition d’opposition CAP-CI. Une première rencontre a eu lieu à Abidjan le 5 août dans un climat qualifié de « confiance » par les deux parties. Touré Mamadou (RHDP) et Charles Blé Goudé (CAP-CI) ont salué le ton constructif des échanges. Des discussions sont prévues à nouveau lundi, dans un esprit d’alternance dans l’accueil des délégations. Blé Goudé a insisté sur l’importance de maintenir le dialogue malgré les divergences persistantes.
Au Nigéria, Punch Nigeria relance le débat sur les dépenses du gouvernement fédéral pour la flotte aérienne présidentielle. Plus de 26 milliards de nairas auraient été dépensés entre juillet 2023 et décembre 2024, en plus des 81,8 milliards déboursés sous Buhari entre 2016 et 2022. Des experts comme Frank Oruye et le capitaine John Ojukutu critiquent la taille excessive de la flotte, qui compte une dizaine d’appareils. Ojukutu estime que « quatre avions suffiraient pour le président et le vice-président ». La diversité des modèles (Global Jet, Gulfstream, Boeing 737…) entraîne des coûts de maintenance très élevés.
Au Mali, Bamada.net annonce que le président de la Transition, le Général Assimi Goïta, a promulgué la loi organique n°2025-037 sur les indemnités du Conseil national de Transition (CNT). Adoptée le 12 juin et publiée le 31 juillet, cette loi réduit les catégories d’indemnités de douze à cinq et instaure un système d’indexation : 1 800 pour le président du CNT, 1 650 pour les membres. Elle introduit également une rétroactivité à partir de 2020. Une annexe non encore publiée doit préciser les montants exacts. Le gouvernement parle d’un nouveau socle juridique pour encadrer la transition.
En Gambie, Fatunetwork salue la performance du conseil régional de Brikama, qui a collecté 103 millions de dalasis entre janvier et juin 2025, contre 60 à 80 millions lors des années précédentes. Cette hausse est attribuée à la lutte contre la corruption et à la fermeture de « fuites de revenus », selon le président du conseil Yankuba Darboe. L’annonce a été faite le 5 août lors de la réception d’une nouvelle flotte de camions pour la gestion des déchets. Darboe en a profité pour souligner l’importance de la transparence dans la gouvernance locale.
Enfin, Pulse Ghana s’intéresse à la rémunération des producteurs de cacao sur le continent. Le site compare les politiques de prix au Ghana et en Côte d’Ivoire, les deux premiers producteurs mondiaux. Le Ghana aurait fixé cette année un prix d’achat bord champ plus avantageux, une mesure applaudie par les cultivateurs mais critiquée par certains exportateurs. La question reste sensible, à l’intersection des enjeux agricoles, sociaux et commerciaux.
Sf/APA






