De Dakar à Lagos, la presse ouest-africaine de ce mercredi 1er avril 2026 est dominée par les tensions sur les prix des carburants, la campagne présidentielle béninoise, les turbulences judiciaires nigérianes et plusieurs faits de société marquants.
Au Sénégal, le site d’information Seneweb rapporte qu’une rencontre intellectuelle est annoncée pour le 9 avril prochain au Musée des Civilisations noires de Dakar, où le Premier ministre Ousmane Sonko débattra avec le géopolitologue français Pascal Boniface autour du thème « Autonomie, patriotisme et monde multipolaire ». Si l’événement ambitionne d’incarner la vision souverainiste du gouvernement sénégalais, il est rattrapé par la controverse suscitée par la loi adoptée en mars 2026 par le Parlement, qui double les peines pour « actes contre-nature », les portant désormais à une fourchette de 5 à 10 ans d’emprisonnement, et promulguée par le président Bassirou Diomaye Faye. Face aux appels au boycott émanant de certains milieux, Pascal Boniface a choisi de maintenir sa participation, estimant que l’engagement intellectuel ne saurait valoir caution à l’ensemble des politiques sociétales d’un pays hôte.
Dans la sous-région, la question des prix des carburants mobilise les médias de part et d’autre. En Côte d’Ivoire, Abidjan.net rapporte que les prix du super sans plomb et du gasoil sont maintenus respectivement à 820 FCFA et 675 FCFA pour le mois d’avril 2026, selon un communiqué du ministère ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, les prix du gaz butane demeurant également inchangés.
Au Ghana, le portail Pulse Ghana signale pour sa part que l’Afrique du Sud a annoncé une réduction temporaire de sa taxe sur les carburants de trois rands par litre pour avril, une mesure qui devrait coûter environ 351 millions de dollars au Trésor sud-africain, pendant qu’Accra fait face à une pression croissante pour supprimer la taxe de 1 GH¢ par litre introduite en juillet 2025. Le député Collins Adomako Mensah, membre de la commission parlementaire de l’énergie, a qualifié cette taxe de « punition » et non de politique, tandis que le président John Dramani Mahama a indiqué explorer diverses options, dont une collaboration avec la raffinerie Dangote du Nigéria et la remise en activité progressive de la raffinerie de Tema.
Au Burkina Faso, le quotidien Sidwaya dresse un bilan flatteur des performances économiques enregistrées sous la Révolution progressiste populaire du capitaine Ibrahim Traoré. Avec un taux de croissance de 6,5% en 2025, une inflation de -0,5% et des recettes fiscales en hausse de 22,4% à 3 714,2 milliards FCFA, le pays affiche des indicateurs macroéconomiques présentés comme nettement au-dessus des moyennes régionales. La production aurifère a atteint 94 tonnes en 2025, générant plus de 776 milliards FCFA de recettes budgétaires, et la croissance est projetée à 7,7% pour 2026, selon le même journal.
Au Mali, c’est la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose qui retient l’attention de Maliweb. La cérémonie nationale, présidée par la ministre de la Santé et du Développement social, le médecin colonel-major Assa Badiallo Touré, a été l’occasion pour le représentant de l’OMS au Mali, le Dr Didier Tambwé, de rappeler que la région Afrique reste la plus touchée au monde par cette maladie, qui emporte une vie toutes les 92 secondes. La ministre a réaffirmé l’ambition nationale d’éliminer la tuberculose à l’horizon 2030, en s’appuyant sur les Centres de diagnostic et de traitement répartis sur l’ensemble du territoire et la gratuité du traitement.
En Guinée, Africaguinee attire l’attention sur la situation critique du pont de Kiomma, long de 104 mètres, qui relie les communes de Koin et Kansaghi dans la préfecture de Tougué. Rongé par les années, endommagé par un incendie et mis à rude épreuve par les crues saisonnières, cet ouvrage en bois ne supporte plus le passage des véhicules, isolant des milliers de personnes des marchés, des centres de santé et des services essentiels. Résidents, conducteurs de taxi-moto et responsables de projets de conservation s’accordent sur l’urgence d’un pont en béton, que douze années de plaidoyer n’ont pas encore permis d’obtenir.
Au Bénin, à onze jours de la présidentielle du 12 avril 2026, le portail Banouto s’intéresse à la méthode de campagne du candidat de la mouvance Romuald Wadagni. De Kandi à Dassa, en passant par Parakou et Natitingou, le ministre des Finances parcourt le pays en posture d’écoute, tirant son programme des doléances recueillies lors de semaines de tournées discrètes préalables à l’ouverture officielle de la campagne. Réouverture de la Société sucrière de Savè, reconstruction du pont de l’Okpara à Tchaourou, mécanisation agricole et sécurité sociale pour les paysans : autant d’engagements précis qu’il oppose à ce qu’il qualifie lui-même de « promesses distribuées comme des billets de banque ».
Au Nigéria enfin, le quotidien Punch suit de près la procédure judiciaire impliquant l’ancien gouverneur de l’État de Kaduna, Nasir El-Rufai, dont l’audience de mise en liberté sous caution a repris mercredi matin devant le tribunal fédéral de grande instance de Kaduna. La séance de la veille avait été perturbée par une série de manœuvres procédurales contradictoires de la défense, dont une demande de récusation du juge Rilwan M. Aikawa aussitôt suivie d’une requête en retrait de cette même demande, créant un imbroglio juridique qui a contraint le magistrat à renvoyer l’affaire à ce mercredi.
Sf/APA







