Le texte de loi validant le droit de grève au Maroc met fin à un vide juridique existant depuis l’adoption de la Constitution de 2011. Il pose désormais des règles claires pour un droit fondamental, tout en cherchant à préserver un équilibre entre libertés syndicales et continuité économique.
La Cour constitutionnelle marocaine a validé la loi organique encadrant le droit de grève tout en émettant plusieurs réserves quant à certaines dispositions du texte.
Saisie sur la conformité du projet de loi organique n° 97.15 à la Constitution, la haute juridiction a confirmé sa compatibilité avec les principes fondamentaux, insistant toutefois sur la nécessité d’un strict respect des limites constitutionnelles dans l’application des mesures réglementaires. Elle a notamment souligné que certaines dispositions, telles que celles encadrant l’illégalité des grèves non déclarées et les conditions de suspension des contrats de travail, ne doivent pas porter atteinte à l’exercice effectif de ce droit.
Dans son analyse, la Cour a validé les articles définissant l’équilibre entre le droit des travailleurs à la grève et la liberté syndicale. Elle a estimé que ces dispositions, en précisant les instances habilitées à initier un mouvement de grève, participent d’un encadrement normatif légitime sans contrevenir aux libertés fondamentales.
Concernant l’article 5, qui déclare illégale toute cessation d’activité non conforme aux prescriptions de la loi, la Cour a jugé qu’il respecte le cadre constitutionnel, sous réserve que les mesures d’application n’imposent pas de restrictions supplémentaires. De même, l’article 6, prévoyant que les salariés en grève sont en situation d’interruption temporaire de travail sans rémunération, a été validé, tout comme l’article 9, qui interdit toute sanction disciplinaire et le remplacement des grévistes.
L’article 8, qui permet la conclusion d’accords collectifs instaurant une trêve sociale temporaire, a été jugé conforme, la Cour précisant que cette disposition ne saurait remettre en cause le droit de grève une fois la période de suspension expirée. Enfin, l’article 12, relatif aux conditions de déclenchement des grèves dans le secteur privé, a été approuvé, à condition que le pouvoir réglementaire ne restreigne pas davantage ce droit par des mesures d’application excessives.
La validation de cette loi par la Cour constitutionnelle marque une étape décisive dans le processus législatif de l’encadrement du droit de grève au Maroc, bien que les réserves émises laissent entrevoir d’éventuelles contestations lors de sa mise en application.
MK/ac/Sf/APA






