La France et le Kenya ont officialisé dimanche onze accords de coopération dans les domaines de l’énergie, des transports, du numérique et de l’agriculture, lors d’une conférence de presse conjointe tenue à Nairobi entre Emmanuel Macron et William Ruto, à la veille du sommet « Africa Forward ».
La France et le Kenya ont signé dimanche onze instruments de coopération représentant plus d’un milliard d’euros d’investissements, ont annoncé les présidents Emmanuel Macron et William Ruto lors d’une conférence de presse conjointe à Nairobi, à la veille du sommet Afrique-France prévu les lundi et mardi.
Des accords structurants
Parmi les engagements phares figure la réhabilitation du réseau ferroviaire de banlieue de Nairobi pour un montant de 83 millions d’euros, destinée à désengorger la capitale kényane en reliant les villes satellites de Siokimau, Mbakasi, Ruiru et Kikuyu. Un accord portant sur la création d’une coentreprise pour le développement d’infrastructures portuaires et logistiques a également été signé, pour un investissement de 800 millions de dollars. L’armateur français CMA CGM s’est par ailleurs engagé à rénover deux terminaux du port de Mombasa pour 700 millions d’euros supplémentaires.
Dans le secteur énergétique, un partenariat sur le nucléaire civil a été conclu, le Kenya cherchant à produire 10 000 mégawatts supplémentaires dans les sept prochaines années. L’extension du parc éolien de Kipeto, pour 100 mégawatts additionnels et 250 millions de dollars, a également été actée.
Les deux pays ont en outre signé des accords sur la transformation numérique, la météorologie et l’agriculture intelligente, la production de carburant durable, l’économie bleue et la pêche, ainsi que la commercialisation du thé pourpre kényan sur les réseaux de distribution français.
Un partenariat recalibré
« La relation entre la France et le Kenya est spéciale », a déclaré le président Ruto, soulignant que la France avait été l’un des premiers pays à reconnaître l’indépendance kényane en 1963. Il a présenté ce sommet comme « le signal d’un changement vers un partenariat plus large, plus inclusif, fondé sur le respect de la souveraineté et le bénéfice mutuel ».
Emmanuel Macron a pour sa part rappelé que les investissements français au Kenya sont passés de 3 milliards d’euros sur trois décennies à 1,8 milliard sur la seule dernière décennie, avec le nombre d’entreprises françaises implantées au Kenya passant de 35 en 2012 à 140 aujourd’hui, représentant 36 000 emplois directs.
Sur les pays du Sahel
Interrogé sur l’absence des pays de l’AES au sommet, Macron a nuancé : « Les plus grands dirigeants d’Afrique de l’Ouest seront présents — Sénégal, Côte d’Ivoire », ajoutant des Etats de l’Afeique centrale comme le Gabon, RDC. Il a précisé que le Mali, le Burkina Faso et le Niger s’étaient elles-mêmes mises à l’écart, tout en soulignant que la société civile, des intellectuels, artistes et entrepreneurs de ces pays participeraient aux travaux.
Le sommet
Le sommet « Africa Forward », premier du genre organisé hors de France ou d’un pays francophone en plus de cinquante ans, réunira lundi et mardi une trentaine de chefs d’État et de gouvernement africains, ainsi que 6 000 participants à un forum des chefs d’entreprise. Les travaux porteront sur le financement du développement, la réforme de l’architecture financière internationale, la santé, la connectivité et les transitions énergétiques.
AC/Sf/APA







