Le ministère libérien de la Santé, en partenariat avec l’UNFPA et d’autres agences, a lancé lundi à Monrovia un atelier national de trois jours sur les stratégies de réduction de la mortalité maternelle et néonatale.
L’atelier, qui se tient du 10 au 13 novembre 2025, réunit les équipes sanitaires des 15 comtés du pays, des représentants d’organismes des Nations Unies, d’ONG, de la société civile, d’associations professionnelles et des agents de santé de première ligne.
À l’ouverture des travaux, la ministre de la Santé, le Dr Louise Mapleh Kpoto, a souligné que cette rencontre marque une étape clé dans la volonté du gouvernement d’assurer que « chaque mère survive à l’accouchement et que chaque enfant survive à la naissance ».
« Nous devons agir de toute urgence. Comprendre les données nous aide à affronter les réalités et à concevoir des solutions fondées sur des preuves », a déclaré la ministre, rappelant que les taux de mortalité maternelle et néonatale demeurent parmi les plus élevés d’Afrique de l’Ouest.
Selon les dernières estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Libéria enregistre environ 661 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes, un chiffre bien au-dessus de la moyenne régionale. Ces taux élevés s’expliquent principalement par le manque de personnel qualifié lors des accouchements, la faiblesse des infrastructures sanitaires, les difficultés d’accès aux soins dans les zones rurales et le faible financement du secteur de la santé.
Depuis 2023, le gouvernement a entrepris plusieurs réformes pour inverser cette tendance, notamment le Programme national de santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile et adolescente (RMNCAH) et la Stratégie de soins obstétricaux et néonatals d’urgence (SONU). Ces initiatives visent à renforcer la formation du personnel médical, améliorer l’équipement des maternités et garantir la gratuité des soins pour les femmes enceintes et les nouveau-nés.
De son côté, le représentant adjoint de l’UNFPA, Leonard Kamugisha, a salué l’objectif ambitieux du gouvernement de réduire de 40 % la mortalité maternelle d’ici 2029, tout en plaidant pour un accroissement du financement national et une coordination intersectorielle plus forte.
Il s’est toutefois dit préoccupé par le faible niveau des crédits prévus dans le projet de budget 2026 – seulement 40 000 dollars pour la planification familiale et 30 000 dollars pour les programmes de santé maternelle et infantile – exhortant les parlementaires à rehausser ces allocations.
« Cette feuille de route ne doit pas être un simple document de plus. Elle doit constituer un pacte avec les femmes et les filles du Libéria, affirmant que chaque mère compte et que chaque naissance est importante », a-t-il insisté.
Le Dr Nuntia Gbalon, directrice de la Division de la santé familiale du ministère, a appelé à des échanges francs afin que la nouvelle feuille de route reflète les réalités du terrain, notamment la pénurie d’équipements et les difficultés logistiques rencontrées dans les comtés reculés.
Elle a par ailleurs salué les résultats obtenus grâce à l’appui de l’UNICEF et de l’OMS, dont les programmes de formation des sages-femmes communautaires et la mise en place de centres d’accouchement d’urgence dans plusieurs hôpitaux régionaux ont permis de réduire les décès liés aux complications obstétricales.
Les partenaires techniques et financiers ont réaffirmé leur engagement à soutenir le Libéria par le renforcement des capacités, l’appui logistique et la mobilisation de financements, afin de bâtir un système de santé plus résilient et équitable
RNK/ac/APA







