Le 25 mars 1807, la traite transatlantique des esclaves est interdite dans l’Empire britannique. Le 25 mars 1961, 1 500 délégués africains se réunissent à Pietermaritzburg pour rejeter la République blanche. Le 25 mars 2004, l’armée ivoirienne tire sur une marche pacifique à Abidjan, tuant 120 civils.
Le 25 mars reste une date marquée, sur deux siècles, par des violences contre les peuples africains et par leurs résistances : abolition d’un crime commercial d’une ampleur inédite, conférence panafricaine illicite contre un État raciste, et répression d’une marche pour la paix en Afrique de l’Ouest.
Le 25 mars 1807, George III appose sa sanction royale au Slave Trade Act. Introduit aux Lords le 2 janvier 1807 par le Premier ministre Lord Grenville, défendu aux Communes par William Wilberforce qui reçoit une ovation debout lors du débat décisif du 23 février, le texte est adopté à 283 voix contre 16. L’abolition de la traite est effective à partir du 1er mai 1807 : toute participation d’un sujet britannique au commerce des esclaves devient illégale sous peine d’amende de 100 livres par esclave transporté.
La loi crée la West Africa Squadron, escadre de la Royal Navy qui patrouille les côtes africaines : entre 1808 et 1860, elle intercepte plus de 1 600 navires et libère environ 150 000 Africains. Elle ne met toutefois pas fin à la traite — qui se poursuit clandestinement via les États-Unis, le Portugal et le Brésil — et ne libère pas les esclaves déjà en servitude dans les colonies britanniques, dont l’affranchissement n’interviendra qu’en 1833-1838. Depuis 2008, le 25 mars est la Journée internationale de souvenir des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique (résolution ONU 62/122).
Les 25 et 26 mars 1961, la All-in African Conference se tient à Pietermaritzburg — en défiance ouverte des lois de ségrégation qui interdisent les rassemblements interraciaux. Quelque 1 500 délégués représentant 145 organisations religieuses, sociales, culturelles et politiques de toutes les communautés d’Afrique du Sud s’y réunissent. Le gouvernement Verwoerd vient d’annoncer la proclamation d’une République afrikaner le 31 mai 1961, sans aucune consultation des Africains, des Indiens ni des métis.
La conférence élit Nelson Mandela secrétaire du Conseil national d’action, chargé de coordonner une campagne nationale contre la république ségrégationniste. Mandela rédigera une lettre ouverte au Premier ministre Verwoerd exigeant la tenue d’une convention nationale représentant tous les Sud-Africains, menaçant à défaut d’organiser une grève générale de trois jours le 29 mai 1961. Cette conférence marque un tournant : quelques mois plus tard, convaincu que la voie légale était épuisée, Mandela co-fondera Umkhonto we Sizwe — la branche armée de l’ANC.
Le 25 mars 2004, la coalition de l’opposition ivoirienne G7 — regroupant le PDCI-RDA d’Henri Konan Bédié, le RDR d’Alassane Ouattara, organise une marche à Abidjan pour réclamer l’application des accords de Linas-Marcoussis, signés en janvier 2003 pour mettre fin à la guerre civile. Laurent Gbagbo avait interdit toute manifestation dans la capitale dès le 11 mars.
Les forces de sécurité — police, gendarmerie, armée et milices pro-Gbagbo — ouvrent le feu dans plusieurs quartiers d’Abidjan. La commission d’enquête de l’ONU conclut que les forces de sécurité ont agi sur instruction « des plus hautes autorités de l’État » dans le cadre d’une « opération soigneusement planifiée ». Bilan de l’ONU : au moins 120 morts et 274 blessés. Cet événement oblige le RDR et les Forces nouvelles à se retirer du gouvernement de transition et contribue à prolonger la crise jusqu’aux élections de 2010-2011.
Depuis 2008, l’ONU observe chaque 25 mars la Journée internationale de souvenir des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique. En Afrique, les cérémonies les plus importantes se tiennent à Ouidah (Bénin), à Gorée (Sénégal) et au Cap-Coast (Ghana).
Sf/APA







