La Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) a exhorté jeudi les pays africains à renforcer la mobilisation de leurs ressources intérieures afin de financer leur industrialisation, estimant que le développement durable du continent ne peut plus reposer durablement sur les financements extérieurs.
S’exprimant à l’ouverture de la 9e session conjointe du Comité technique spécialisé sur les finances, les affaires monétaires, la planification économique et l’intégration, ainsi que de la 5e session du Comité technique spécialisé sur le commerce, le tourisme, l’industrie et les mines, le secrétaire exécutif de la CEA, Claver Gatete, a plaidé pour un meilleur alignement des politiques financières sur les secteurs productifs.
« Les économies qui ne produisent pas restent vulnérables », a-t-il déclaré, estimant que les récentes crises géopolitiques et les perturbations des chaînes d’approvisionnement ont mis en évidence les faiblesses structurelles des économies africaines.
Le responsable onusien a appelé les États à accélérer leur industrialisation en développant la transformation locale des matières premières, en renforçant le secteur manufacturier et en intensifiant les échanges commerciaux dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Selon lui, cette transformation passe notamment par une meilleure mobilisation des ressources domestiques, une utilisation plus stratégique des financements publics pour attirer les investissements privés, le développement des chaînes de valeur régionales, des investissements dans des systèmes énergétiques intégrés et durables ainsi qu’un renforcement de l’architecture financière africaine.
M. Gatete a également insisté sur la nécessité d’assurer une plus grande cohérence entre les politiques économiques, financières et industrielles, estimant que « des politiques fragmentées ne peuvent produire des économies intégrées ».
Il a réaffirmé l’engagement de la CEA à accompagner les États membres dans le renforcement de leurs systèmes fiscaux, le développement des marchés de capitaux et la mise en place de mécanismes innovants de financement destinés à soutenir les secteurs productifs.
Le secrétaire exécutif de la CEA a, par ailleurs, cité le Mécanisme africain de stabilité financière et le Système panafricain de paiement et de règlement comme des instruments susceptibles de faciliter la mobilisation d’investissements de long terme au profit du développement industriel du continent.
Il a enfin assuré que la CEA poursuivra son partenariat avec la Commission de l’Union africaine, la Banque africaine de développement et d’autres institutions afin de transformer les engagements politiques en résultats concrets, notamment en matière d’industrialisation, de création d’emplois et de croissance inclusive.
ARD/ac/Sf/APA







