Le président mozambicain Daniel Chapo appelle à une prière nationale pour la paix, un geste symbolique face aux tensions politiques et à l’insurrection dans le nord du pays.
Alors que le Mozambique tente de tourner la page après des années de conflits politiques et une insurrection violente dans le nord, le président Daniel Chapo a lancé vendredi un appel national à l’unité par la prière. Lors d’une rencontre à Maputo avec l’initiative « Mozambique First », il a invité tous les citoyens à participer à une « prière collective pour la paix » prévue le 28 août, en espérant faire de ce moment un symbole fort de réconciliation.
S’exprimant devant des représentants du Conseil chrétien du Mozambique (CCM), M. Chapo a insisté sur l’importance de placer le pays au-dessus des différences ethniques, culturelles, religieuses ou politiques. Une minute de silence à 18 h (16 h GMT) accompagnera cet événement symbolique.
Cependant, si la prière rassemble, la complexité des défis sécuritaires et politiques reste entière. Depuis 2017, la province de Cabo Delgado est déchirée par une insurrection djihadiste locale qui a provoqué des milliers de morts et déplacé plus d’un million de personnes. Par ailleurs, le pays reste marqué par des tensions post-électorales et une méfiance politique profonde.
Si l’initiative est saluée comme un geste moral, certains soulignent qu’elle reste largement portée par des églises protestantes, risquant d’exclure musulmans, traditions locales et citoyens laïcs. L’analyste Donald Porusingazi rappelle que la prière, si puissante soit-elle symboliquement, ne saurait remplacer un véritable dialogue politique, des réformes concrètes et la résolution des inégalités économiques.
Au Mozambique, pays profondément religieux, l’espoir d’une paix durable passe par un équilibre entre foi et action politique réelle.
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