Entre tensions géopolitiques, fragilité des chaînes d’approvisionnement et pression croissante du service de la dette, les grands argentiers du G20 veulent remettre la croissance et la stabilité financière au centre du jeu.
Réunis les 31 août et 1er septembre à Asheville, aux Etats-Unis, ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales du G20 ont appelé à des politiques favorisant l’investissement, la productivité et une gestion plus soutenable de la dette.
Les participants ont estimé que l’économie mondiale demeurait résiliente malgré les multiples chocs, notamment les guerres et conflits en cours. Ils ont toutefois souligné les risques liés aux perturbations des échanges d’énergie, d’aliments, d’engrais et de minerais critiques.
Le G20 a appelé les pays à éviter les restrictions à l’exportation susceptibles de perturber davantage les chaînes d’approvisionnement mondiales et insisté sur la nécessité d’une navigation « libre, sûre et prévisible » dans le détroit d’Ormuz et sur les principales voies maritimes internationales.
Pour soutenir l’activité, les ministres et gouverneurs ont préconisé un environnement macroéconomique stable et prévisible, particulièrement important pour les économies en développement. Ils ont également mis en avant le rôle de l’investissement privé, de l’intelligence artificielle, du numérique et des infrastructures dans l’amélioration de la productivité.
Le G20 a parallèlement appelé à réduire les obstacles structurels à la croissance, notamment les lourdeurs réglementaires et administratives, les coûts élevés du capital, les insuffisances d’investissement et les difficultés liées à l’emploi et aux compétences.
Sur les déséquilibres mondiaux, le groupe a estimé que des excédents et déficits extérieurs « excessifs et persistants » pouvaient accentuer les vulnérabilités économiques et financières. Il a appelé les pays excédentaires à favoriser davantage la consommation intérieure et les pays déficitaires à renforcer notamment l’épargne domestique et l’assainissement budgétaire.
La soutenabilité de la dette figure également parmi les priorités de la réunion. Le G20 a réaffirmé son engagement à accélérer et rendre plus prévisibles les traitements de dette dans le cadre du Cadre commun, tout en appelant à une meilleure coordination entre créanciers officiels.
Les participants ont aussi salué les progrès de l’approche en trois piliers du FMI et de la Banque mondiale, destinée notamment à aider les pays confrontés à un lourd service de la dette qui réduit leurs capacités d’investissement dans la croissance et le développement.
Le groupe a par ailleurs insisté sur l’amélioration de la transparence des données sur la dette et soutenu les initiatives visant à faciliter les négociations entre Etats débiteurs et créanciers.
Dans le secteur financier, les membres du G20 ont appelé à moderniser les règles de supervision tout en préservant la stabilité du système. Ils ont notamment évoqué la mise en œuvre des dernières composantes de Bâle III, les actifs numériques, les paiements transfrontaliers et l’adoption responsable de l’intelligence artificielle.
Enfin, les ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales ont réaffirmé leur soutien au Groupe d’action financière (GAFI) dans la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et les flux financiers illicites, avec une attention accrue portée aux risques liés aux actifs virtuels et à l’utilisation de l’IA par les fraudeurs.
La réunion d’Asheville constitue la deuxième rencontre des ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales du G20 sous la présidence américaine, qui a placé la croissance tirée par le secteur privé, la productivité, la dette et la modernisation du système financier parmi ses principales priorités.
AC/Sf/APA







