Un projet de coopération entre la BAD et la Sierra Léone financé par l’institution financière panafricaine repose sur l’analyse des politiques, le renforcement des capacités et le dialogue politique de haut niveau.
La Sierra Léone et le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) ont clôturé un atelier de haut niveau consacré à la lutte contre les flux financiers illicites, estimés à 90 milliards de dollars par an en Afrique. La rencontre, tenue à Tokeh du 21 au 24 juillet 2025, a débouché sur une série de recommandations stratégiques pour améliorer la gouvernance des ressources naturelles.
Plus de 70 acteurs issus du gouvernement, du secteur privé, de la société civile et d’organisations internationales ont pris part aux travaux, axés sur le thème : « Exploiter la richesse de l’Afrique : infléchir les flux financiers illicites en faveur d’une croissance et d’un développement résilients ».
Les participants ont proposé la mise en place de communautés de pratique nationales, des réformes institutionnelles et une transparence accrue des prêts adossés à des ressources. Ces prêts, jugés risqués, ne devraient être envisagés qu’en dernier recours et dans des conditions de transparence maximale, ont-ils convenu.
« Cette initiative peut nous aider à améliorer les recettes tirées des ressources naturelles en empêchant leur détournement via le commerce illégal », a déclaré Sheku Ahmed Fantamadi Bangura, ministre sierra-léonais des Finances.
Les discussions ont porté sur l’identification des flux financiers illicites, la gestion des financements adossés aux ressources et la mise en œuvre de mécanismes de gouvernance plus rigoureux. Le diagnostic national sur le commerce illégal des ressources naturelles en Sierra Léone a servi de base aux échanges.
L’expert Bernd Schlenter, du cabinet Rand Sandton Consulting Group, a livré des analyses techniques et proposé des pistes concrètes pour endiguer les flux illicites.
Selon Halima Hashi, cheffe du bureau pays de la BAD, cette action s’inscrit dans la Stratégie décennale 2024-2033 de l’institution et dans son Plan d’action pour la gestion des ressources naturelles 2025-2029. Le projet, dénommé GONAT, est financé par la Facilité d’appui à la transition de la BAD. Il repose sur trois piliers : l’analyse des politiques, le renforcement des capacités et le dialogue politique de haut niveau.
« Parvenir à une gestion transparente et équitable des ressources naturelles ne relève pas d’un simple exercice technique : c’est un impératif stratégique pour l’avenir de l’Afrique », a rappelé Eric Ogunleye, directeur de l’Institut africain de développement de la Banque.
ODL/ac/Sf/APA





