Les Centres africains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC Afrique) ont tiré la sonnette d’alarme face à la résurgence des maladies pharmacorésistantes sur le continent, menaçant des décennies de progrès en matière de santé et de développement.
Dans leur étude intitulée « Mapping Antimicrobial Resistance and Antimicrobial Use Partnership » (MAAP), les CDC Afrique ont pointé la propagation croissante de la résistance aux antimicrobiens dans 14 pays africains, soulignant l’urgence de renforcer les tests de laboratoire, les systèmes de données et la planification sanitaire afin de lutter contre les infections difficiles à traiter.
Cette étude, la plus vaste du genre jamais menée en Afrique, a été menée par une coalition comprenant les CDC Afrique, la Société africaine de médecine de laboratoire (ASLM), One Health Trust et d’autres partenaires régionaux. L’étude indique que les chercheurs ont examiné plus de 187 000 résultats de tests provenant de 205 laboratoires, collectés entre 2016 et 2019 au Burkina Faso, en Eswatini, en Ethiopie, au Ghana, au Kenya, au Malawi, au Mali, au Nigéria, au Sénégal, en Sierra Léone, en Tanzanie, en Ouganda, en Zambie et au Zimbabwe.
L’un des résultats les plus inquiétants est que la résistance à un puissant groupe d’antibiotiques, les céphalosporines de troisième génération, était particulièrement élevée au Ghana et au Malawi.
Dans six pays, plus de la moitié des échantillons de Staphylococcus aureus étaient résistants à la méthicilline, un antibiotique couramment utilisé dans les hôpitaux. Au Nigéria et au Ghana, les niveaux de résistance dépassaient 70%, révèle l’étude.
L’étude a également révélé des disparités démographiques en matière d’infections pharmacorésistantes, les personnes âgées et les patients hospitalisés étant particulièrement vulnérables. Elle indique que les disparités démographiques existantes soulignent la nécessité d’interventions ciblées pour protéger les populations à risque.
Le CDC Afrique a également souligné de « graves lacunes » dans les infrastructures de laboratoire et les systèmes de collecte de données. Les résultats révèlent que moins de 2% des établissements de santé étaient équipés pour dépister les infections bactériennes, et que seulement 12% des dossiers de pharmacorésistance étaient liés aux
informations des patients.
Selon l’étude, les patients déjà hospitalisés présentaient un risque accru de 24%, probablement en raison d’une exposition accrue aux antibiotiques. L’utilisation antérieure d’antibiotiques était également associée à une résistance accrue.
MG/as/fss/ac/Sf/APA





