Les envois de fonds des Égyptiens à l’étranger atteignent un niveau record de 15,8 milliards USD entre janvier et mai, soit une augmentation de 69,6 %, devenant la première source de devises du pays devant les exportations et le tourisme.
La Banque centrale d’Égypte (BCE) a publié cette semaine des chiffres spectaculaires sur les transferts financiers de la diaspora égyptienne, qui ont atteint 15,8 milliards de dollars entre janvier et mai 2025, en progression de 69,6 % par rapport à la même période de 2024.
Ce chiffre record fait des transferts de fonds la première source de devises étrangères pour l’Égypte, devant les recettes du canal de Suez, les exportations de gaz et les revenus touristiques.
Avec plus de 11 millions d’Égyptiens vivant à l’étranger, selon les estimations officielles, la diaspora joue un rôle crucial dans la stabilisation de l’économie nationale, en particulier dans un contexte de fort endettement externe et de pressions sur les importations.
Ces fonds soutiennent la consommation intérieure, permettent d’amortir l’inflation, et renforcent les réserves de change, aujourd’hui estimées à 46,2 milliards USD. Ils sont également orientés vers l’achat de biens immobiliers, le financement de PME familiales, et de plus en plus vers des investissements structurés, via des produits bancaires dédiés.
Le ministère de l’Immigration a annoncé la tenue, en septembre prochain, d’un Forum national sur l’investissement de la diaspora, afin d’encourager les transferts à long terme vers des projets dans l’agriculture, l’éducation, la santé et les technologies vertes.
Des économistes appellent néanmoins à la prudence : cette dépendance croissante aux envois de fonds peut masquer l’absence de dynamisme dans les exportations hors hydrocarbures, la faiblesse de l’investissement étranger direct, et la fragilité du tissu productif local.
MK/ac/Sf/APA






