En amont de la présentation du plan de redressement par le Premier ministre Ousmane Sonko, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr a livré, vendredi 1er août 2025, un discours sans détour sur la situation budgétaire critique du pays. Devant le président Bassirou Diomaye Faye, il a plaidé pour une transformation systémique fondée sur la souveraineté budgétaire, la productivité et le recentrage de l’action publique autour des citoyens et du secteur privé.
En prélude à la présentation du plan de redressement économique et social par le Premier ministre Ousmane Sonko, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr a prononcé, vendredi 1er août 2025, un discours structurant au Grand Théâtre national de Dakar, en présence du président Bassirou Diomaye Faye, du Premier ministre et de plusieurs membres du gouvernement.
Ce plan s’inscrit dans la stratégie nationale de développement 2025-2029, première déclinaison de la Vision Sénégal 2050, qui ambitionne de bâtir un pays souverain, juste et prospère. Mais sa mise en œuvre est aujourd’hui menacée par une crise de financement aiguë, consécutive à la suspension du programme avec le FMI et à une perte de confiance des marchés, sur fond d’audit accablant de la Cour des comptes.
« Aucun référentiel de développement ne peut prospérer sans une assise financière saine et un leadership fort », a affirmé Abdourahmane Sarr, saluant l’engagement du président de la République et du Premier ministre.
Un modèle économique à bout de souffle
Le ministre a dressé un diagnostic sévère de la trajectoire budgétaire du pays. Malgré des années d’endettement soutenu, la croissance reste insuffisante, la productivité en recul, et le taux de pauvreté stagnant à 37,5 %. La dette publique de l’État central atteindrait 119 % du PIB d’ici fin 2024, et les déficits jumeaux persistent, sans gains économiques notables.
« Le modèle de développement centré sur l’endettement de l’État central est devenu inefficace. Il faut le remplacer par une croissance portée par le secteur privé, les citoyens et les territoires », a-t-il déclaré.
Une transformation systémique en vue
Dans ce nouveau paradigme, l’État facilitateur cèdera la place à des mécanismes de financement plus efficients, avec un recours accru aux partenariats public-privé et à la délégation de services publics, notamment dans l’éducation, la santé et les infrastructures.
Le ministre a insisté sur l’effet de levier que peuvent générer les dépenses publiques bien orientées : jusqu’à quatre fois l’investissement initial dans les secteurs marchands, grâce à l’implication du secteur privé.
Cap sur la souveraineté budgétaire
Le plan de redressement piloté par une task force mise en place à la primature vise à retrouver une trajectoire soutenable, avec un déficit budgétaire ramené à 3 % du PIB à l’horizon 2027, condition pour restaurer la confiance des bailleurs et réaccéder aux financements extérieurs à des conditions raisonnables.
« Ce redressement se fera sans austérité, sans sacrifier le secteur privé, et au service des Sénégalais les plus vulnérables », a assuré le ministre.
Les grandes lignes du plan sont détaillées dans la foulée par le Premier ministre Ousmane Sonko, dans un contexte d’attente élevée, tant sur le plan national qu’international, quant à la capacité du Sénégal à retrouver sa souveraineté budgétaire et à relancer une croissance inclusive.
AC/Sf/APA







