Le 15 janvier occupe une place singulière dans l’histoire africaine. Cette date concentre des événements majeurs allant de la colonisation à la décolonisation, des coups d’État aux guerres civiles, des tragédies sécuritaires contemporaines aux jalons culturels et sportifs qui ont marqué durablement le continent.
Le 15 janvier 2019, le groupe terroriste somalien Al-Shabaab mène une attaque complexe contre le complexe hôtelier et commercial DusitD2, dans le quartier de Westlands à Nairobi. L’assaut, mêlant explosions et combats armés, fait au moins 21 morts civils et plusieurs blessés. L’organisation jihadiste revendique l’opération en lien avec l’engagement militaire du Kenya en Somalie et des positions internationales qu’elle juge hostiles.
Trois ans plus tôt, le 15 janvier 2016, le même groupe inflige à l’armée kényane sa plus lourde défaite depuis l’indépendance du pays en attaquant la base de l’AMISOM à El-Adde, en Somalie. Le bilan, jamais officiellement confirmé, est estimé entre 141 et 200 soldats tués, illustrant l’ampleur des défis sécuritaires auxquels sont confrontées les forces africaines déployées contre les groupes armés.
Au Nigéria, le 15 janvier renvoie à deux moments décisifs. Le 15 janvier 1966, un groupe de jeunes officiers mené par le major Chukwuma Kaduna Nzeogwu orchestre le premier coup d’État militaire du pays. Le Premier ministre fédéral Abubakar Tafawa Balewa, le Premier ministre de la région Nord Ahmadu Bello et plusieurs autres dirigeants sont assassinés, ouvrant une longue période d’instabilité politique et de régimes militaires.
Quatre ans jour pour jour plus tard, le 15 janvier 1970, la guerre du Biafra prend fin avec la reddition du général Philip Effiong au gouvernement fédéral dirigé par le général Yakubu Gowon. Ce conflit, marqué par une famine dévastatrice, aura fait entre 500 000 et plusieurs millions de morts, essentiellement des civils. Cette date est aujourd’hui commémorée comme la Journée des forces armées du Nigéria.
Dans l’histoire de la colonisation, le 15 janvier 1894 marque la reddition du roi Béhanzin, dernier souverain indépendant du royaume du Dahomey, face aux troupes françaises commandées par le général Alfred Dodds. Cet événement scelle la fin de la résistance du royaume d’Abomey et l’annexion du territoire, correspondant à l’actuel Bénin. Exilé en Martinique puis en Algérie, Béhanzin meurt en 1906 loin de sa terre natale.
Le 15 janvier 1910, la France renforce son dispositif colonial en Afrique centrale avec la création officielle de l’Afrique équatoriale française (AEF), fédération administrative regroupant le Gabon, le Moyen-Congo, l’Oubangui-Chari et le Tchad, sous l’autorité d’un gouverneur général basé à Brazzaville.
Le 15 janvier est aussi porteur de jalons culturels et politiques. Le 15 janvier 1876 paraît à Paarl, en Afrique du Sud, le premier numéro de Die Afrikaanse Patriot, considéré comme le premier journal publié en langue afrikaans, symbole de l’affirmation culturelle afrikaner sous domination britannique.
Plus récemment, le 15 janvier 2015, Filipe Nyusi prête serment comme quatrième président du Mozambique, succédant à Armando Guebuza, dans un contexte marqué par la reprise des tensions avec la Renamo, ancienne rébellion devenue parti d’opposition.
Cette date est également liée à des figures majeures du continent et du monde arabe. Le 15 janvier 1918 naît au Caire Gamal Abdel Nasser, futur président de l’Égypte de 1956 à 1970, artisan de la nationalisation du canal de Suez et figure centrale du mouvement des non-alignés durant la Guerre froide.
Enfin, le 15 janvier s’inscrit dans la mémoire sportive africaine. En 1979, la première édition du rallye Paris-Dakar, partie de Paris le 26 décembre 1978, atteint Dakar à la mi-janvier après plus de 10 000 kilomètres à travers le Sahara. Sur 182 équipages au départ, seuls 74 rallient l’arrivée. Le Français Cyril Neveu s’impose en moto, tandis qu’Alain Génestier l’emporte en automobile, lançant une épreuve appelée à devenir une légende du sport mécanique mondial.
Sf/APA







