Le président nigérian Bola Tinubu a appelé la Cédéao à adopter une position commune face aux violences visant des ressortissants africains en Afrique du Sud, estimant que l’organisation régionale devait porter cette question devant l’Union africaine (UA). À Lungi, en Sierra Léone, les dirigeants ouest-africains ont également réaffirmé leurs priorités en matière de sécurité, de gouvernance et d’intégration régionale.
Le président nigérian Bola Tinubu a exhorté la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) à parler « d’une seule voix » contre les attaques visant des ressortissants africains en Afrique du Sud, lors de la 69e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’organisation régionale.
Représenté au sommet par son vice-président Kashim Shettima, le chef de l’État nigérian a condamné « avec la plus grande fermeté » les agressions récentes ciblant des citoyens nigérians et d’autres Africains établis en Afrique du Sud.
« La Cédéao doit parler d’une seule voix pour condamner ces actes. Elle devrait inscrire cette question à l’ordre du jour de la prochaine session de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine », a déclaré M. Tinubu, estimant que ces violences constituaient « une intolérance totalement inacceptable ».
Le président nigérian a rappelé le rôle joué par plusieurs pays africains, dont le Nigéria, dans la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, soulignant que les libertés dont bénéficie aujourd’hui ce pays sont également le résultat des sacrifices consentis par le continent.
Il a indiqué que son gouvernement avait déjà organisé l’évacuation de plus de 1 490 ressortissants nigérians en sept opérations successives afin de les protéger, tout en affirmant que Abuja restait disposé à poursuivre les actions nécessaires sur ce dossier.
Bola Tinubu a réaffirmé l’engagement du Nigéria en faveur d’une Afrique de l’Ouest « pacifique, intégrée, sûre et respectée », tout en appelant au respect des principes de démocratie, de bonne gouvernance et d’État de droit au sein de la communauté régionale.
À ce titre, il a mis en garde contre les modifications opportunistes des limitations constitutionnelles des mandats présidentiels et contre le détournement des mécanismes institutionnels à des fins politiques. Selon lui, la meilleure réponse aux crises politiques et aux mouvements de contestation demeure la mise en place d’une gouvernance capable d’apporter des résultats concrets aux populations.
Sur le plan sécuritaire, le dirigeant nigérian a réaffirmé le soutien de son pays à la création de la Force antiterroriste de la Cédéao et au renforcement de la Force en attente de l’organisation. Ces dispositifs doivent permettre d’améliorer la coopération régionale dans la lutte contre le terrorisme, le partage du renseignement, les opérations conjointes et la diplomatie préventive.
Le président nigérian a également salué le leadership de son homologue sierra-léonais Julius Maada Bio, qui achevait son mandat annuel à la présidence de l’Autorité des chefs d’État et de gouvernement de la Cédéao. Il a estimé que sa gestion avait permis de préserver le dialogue et la coopération régionale dans un contexte marqué par les transitions politiques, les défis sécuritaires et les tensions économiques.
Prenant la parole à l’ouverture du sommet, Julius Maada Bio a estimé que la rencontre devait permettre d’évaluer les progrès réalisés par la Cédéao et de définir les orientations futures de l’organisation, conformément à sa Vision 2050 visant à construire « une Afrique de l’Ouest pacifique, intégrée et prospère ».
Le dirigeant sierra-léonais a appelé les États membres à renforcer leur autonomie stratégique, estimant que l’intégration régionale constituait une nécessité face aux mutations de l’ordre international.
« Nous devons privilégier des partenariats qui élargissent nos opportunités tout en restant fermement ancrés dans nos propres intérêts », a-t-il déclaré, soulignant que « la dépendance réduit la liberté même que les partenariats sont censés renforcer ».
De son côté, le président de la Commission de la Cédéao, Omar Alieu Touray, a insisté sur la nécessité de renforcer la gouvernance institutionnelle, la coordination des politiques publiques et les mécanismes régionaux de réponse aux crises.
Il a rappelé les efforts engagés par l’organisation dans la lutte contre le terrorisme, l’extrémisme violent, la criminalité transnationale organisée et les menaces humanitaires.
Le sommet a également été marqué par la signature par les chefs d’État et de gouvernement de l’accord intergouvernemental relatif au projet de Gazoduc Atlantique Africain, présenté comme un instrument destiné à renforcer l’intégration énergétique du continent.
GIK/lb/ac/Sf/APA







