Le ministre burkinabè de l’Enseignement secondaire, Moumouni Zoungrana, a annoncé le 7 septembre la révision des programmes d’histoire, de géographie et d’instruction civique, dénonçant des « expressions » jugées humiliantes envers l’Afrique dans les manuels actuels.
Le ministre burkinabè de l’Enseignement secondaire et de la Formation professionnelle et technique, Moumouni Zoungrana, a annoncé lundi une révision en profondeur des curricula d’histoire, de géographie et d’instruction civique dans les établissements secondaires du pays.
S’exprimant devant les responsables de la direction régionale du Kadiogo, dans le centre du Burkina Faso, le ministre a dénoncé le vocabulaire employé dans les manuels scolaires pour qualifier les colonisateurs européens.
« Ceux qui sont venus conquérir l’Afrique, on les appelle des explorateurs, des conquérants. Est-ce que c’étaient des conquérants ? C’étaient des espions. […] C’étaient des envahisseurs », a-t-il affirmé.
Selon lui, certains termes contribuent à « infantiliser » et « animaliser » les Africains dans l’enseignement de leur propre histoire. « Nous avons pris la ferme résolution de relire ces curricula, de relire les contenus et d’extirper les mots qui sont en train de nous infantiliser, de nous animaliser », a-t-il déclaré.
Le ministre a précisé que cette réforme s’accompagnera de l’ajout de nouveaux chapitres. « Nous avons pris la même résolution d’ajouter d’autres chapitres qui font la promotion de nos valeurs et éliminer les chapitres qui sont en train de nous tirer vers le bas », a-t-il expliqué.
Les nouveaux contenus devraient être appliqués dès la prochaine rentrée scolaire. Un livret d’accompagnement sera par ailleurs élaboré pour aider les enseignants à intégrer ces changements.
Cette annonce s’inscrit dans une volonté plus large des autorités burkinabè de réformer le système éducatif pour l’ancrer davantage dans les valeurs nationales, dans un contexte de rupture affichée avec l’ancienne puissance coloniale française.
HO/ac/Sf/APA





