Entre guerres, criminalisation du journalisme et fragilisation économique des médias, la région africaine enregistre une nette dégradation, avec plusieurs pays du Sahel et des Grands Lacs en forte baisse, relève Reporters sans frontières dans son rapport annuel.
La liberté de la presse n’a jamais été autant mise à rude épreuve en Afrique subsaharienne, où l’instabilité politique et sécuritaire accélère le recul des droits des journalistes, selon l’édition 2026 du classement mondial de Reporters sans frontières (RSF).
L’organisation juge la situation « difficile » dans 24 des 48 pays de la zone et « très grave » dans cinq États : le Rwanda, l’Éthiopie, le Soudan, Djibouti et l’Érythrée qui ferme une nouvelle fois le classement mondial.
Les pays du Sahel enregistrent certaines des plus fortes dégradations. Le Niger chute de 37 places, soit la baisse la plus importante au monde, après un rétrécissement de l’espace civique sous le régime militaire.
Le Mali et le Burkina Faso poursuivent également leur recul, marqués par des détentions arbitraires de journalistes, des accusations de diffusion de fausses informations et des disparitions forcées.
Dans la région des Grands Lacs, RSF pointe aussi l’usage récurrent d’accusations liées à la sécurité nationale pour emprisonner des professionnels des médias, notamment en République démocratique du Congo, au Burundi et au Rwanda.
La Tanzanie, longtemps citée en exemple, perd 22 places, signe d’un durcissement des conditions de travail des journalistes.
Les conflits armés continuent par ailleurs de ravager l’environnement médiatique. En RDC, les journalistes de l’est du pays sont pris entre groupes armés et forces régulières, souvent contraints à l’exil.
Au Soudan, la guerre a presque fait disparaître le journalisme indépendant, tandis qu’en Éthiopie, les autorités maintiennent une forte pression sécuritaire sur la presse.
RSF alerte enfin sur la fragilité économique croissante des médias africains. La Mauritanie recule malgré des engagements officiels en faveur du droit à l’information, freinée par le retard des réformes et la précarité du secteur.
À l’inverse, le Ghana et l’Afrique du Sud figurent parmi les pays les mieux classés de la région, bénéficiant d’une situation jugée « plutôt bonne ».
ARD/te/Sf/APA







