Le 21 juillet 1985 marque un tournant dans l’histoire de l’Afrique du Sud avec l’entrée en vigueur de l’état d’urgence décrété la veille par le président Pieter Willem (P.W.) Botha afin de contenir la montée des violences et des mobilisations contre le régime d’apartheid.
Appliquée dans 36 districts, principalement dans les provinces du Transvaal et du Cap oriental, l’état d’urgence décrété par P.W. Botha est une mesure exceptionnelle qui confère des pouvoirs élargis aux forces de sécurité. Les autorités peuvent procéder à des arrestations et à des détentions sans procès, imposer des restrictions aux médias et limiter les rassemblements publics.
L’état d’urgence intervient dans un contexte de manifestations, de grèves et d’affrontements qui secouent le pays depuis plusieurs mois. Les mouvements de résistance, soutenus par de nombreuses organisations civiques et politiques, intensifient leur campagne contre le système de ségrégation raciale, tandis que les autorités privilégient une réponse sécuritaire.
Selon les données historiques, 575 personnes trouvent la mort au cours des six premiers mois de l’état d’urgence et plusieurs milliers d’autres sont arrêtées. Initialement prévu jusqu’au 7 mars 1986, le dispositif sera suivi, en juin 1986, par un état d’urgence national encore plus étendu.
L’entrée en vigueur de cette mesure accentue l’isolement diplomatique de Prétoria et renforce les appels de la communauté internationale en faveur de sanctions contre le régime d’apartheid. Elle demeure l’un des épisodes les plus marquants de l’escalade répressive ayant précédé la transition démocratique sud-africaine des années 1990.
Sf/APA







