L’entrepreneure nigériane et directrice générale d’Aquarian Consult, Mme Aisha Maina, a obtenu un investissement de 40 millions de dollars, soutenu par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), pour développer un port en eaux profondes à Saint-Kitts, dans le cadre d’un projet visant à créer un corridor commercial direct entre l’Afrique et les Caraïbes.
Selon un communiqué émanant de Mme Aisha Maina, également fondatrice de Gemini Integrated Commodities, celle-ci a signé l’accord de financement d’un projet nigérian de port, le 28 juillet à Grenade, lors du Forum Afreximbank sur le commerce et l’investissement Afri-Caribéen, en présence du gouvernement de Saint-Kitts-et-Nevis et de représentants d’Afreximbank.
« Ce port marque notre passage de la promesse à la réalité, du discours à la manutention de marchandises. Il constitue l’épine dorsale physique d’un pont commercial attendu depuis trop longtemps », a-t-elle déclaré lors de la cérémonie de signature.
Le Premier ministre de Saint-Kitts-et-Nevis, le Dr Terrance Drew, a assisté à la signature du contrat, tandis que le ministre de l’Agriculture et des Ressources marines, Samal Duggins, a signé au nom du pays insulaire. Ce dernier a qualifié l’accord de pas audacieux vers une transformation concrète par le biais d’actifs tangibles.
« Projet après projet, accord après accord, nous ne faisons pas que parler de transformation, nous la réalisons », a-t-il affirmé, cité par le journal Punch.
Le port en eaux profondes de Basseterre, doté d’un poste à quai Panamax, sera le point d’ancrage d’une zone économique spéciale de 10 km² dédiée à la transformation agroalimentaire, à l’assemblage léger et à l’entreposage sous douane. Les études de faisabilité et environnementales débuteront en août, avec une clôture financière prévue pour le premier trimestre 2026. Le premier conteneur devrait être accueilli au quatrième trimestre 2028.
Mme Maina a indiqué que ce nouveau corridor maritime réduira le temps de transport entre Lagos et Basseterre à environ sept jours, supprimant les coûteux détours européens et offrant un accès plus rapide aux marchés pour les producteurs africains.
« Si le secteur privé ne prend pas les rênes du processus, nous resterons figés. Le repli ou la défaite ne sont pas des options », a-t-elle déclaré lors du Forum d’investissement des Caraïbes à Kingston, en Jamaïque, le 30 juillet.
Elle a également prononcé le discours principal lors du Symposium sur le commerce et l’investissement transatlantique à Trinité, le 3 août, insistant sur l’importance de connecter infrastructures portuaires, zones économiques et instruments financiers pour lutter contre le chômage des jeunes, garantir la sécurité alimentaire et diversifier les exportations.
Selon les détails du projet, le port devrait créer 600 emplois directs dans la construction et attirer 300 millions de dollars d’investissements privés supplémentaires. Pour Saint-Kitts-et-Nevis, un pays de moins de 60 000 habitants, ce projet pourrait transformer la fédération en un hub logistique reliant 19 pays africains et 12 nations caribéennes du Commonwealth.
Cette nouvelle installation servira également de plateforme de valorisation, permettant de transformer les matières premières africaines plus près des marchés nord-américains, renforçant ainsi les chaînes d’approvisionnement régionales.
Cette initiative s’appuie sur l’élan généré par le Sommet Afri-Caribéen d’investissement tenu à Abuja en mars, ainsi que par une mission commerciale en juin qui a vu un Boeing 777 d’Air Peace transporter plus de 120 entrepreneurs et décideurs nigérians à Basseterre.
Avec la co-participation de Gemini Integrated Commodities aux côtés d’Afreximbank, l’initiative de Mme Maina place la responsabilité de l’exécution sur le secteur privé, marquant un tournant vers une infrastructure portée par le marché plutôt que par des politiques publiques.
GIK/lb/Sf/ac/APA







