Alors qu’Accra multiplie les démarches diplomatiques contre les violences xénophobes en Afrique du Sud — convocation du haut-commissaire sud-africain, saisine de l’Union africaine, rapatriement d’un compatriote apparu dans une vidéo virale —, le gouvernement ghanéen a annoncé jeudi le report de l’évacuation de plus de 800 de ses ressortissants, initialement prévue ce 21 mai 2026.
Le ministère ghanéen des Affaires étrangères a annoncé jeudi le report de quelques jours de l’évacuation de plus de 800 de ressortissants d’Afrique du Sud, initialement programmée pour ce 21 mai 2026, en raison de contraintes opérationnelles et juridiques liées aux procédures sud-africaines.
Plus de 800 Ghanéens se sont inscrits auprès du Haut-Commissariat à Prétoria pour être rapatriés, en réponse à la dernière vague d’attaques xénophobes. Le report a été motivé par le nombre de personnes impliquées et les conditions légales à satisfaire, notamment le contrôle obligatoire des passagers, la coordination inter-institutionnelle et l’obtention des autorisations de vol. Les autorités des deux pays ont convenu de modalités de pré-évacuation « renforcées et plus efficaces » afin d’accélérer le processus.
Une offensive diplomatique à plusieurs niveaux
Ce report s’inscrit dans une réponse diplomatique engagée de longue date. Dès le 6 mai, le ministre des Affaires étrangères Samuel Okudzeto Ablakwa avait adressé une lettre formelle au président de la Commission de l’Union africaine, qualifiant la situation de « question urgente d’intérêt continental » et réclamant son inscription à l’ordre du jour de la Huitième Réunion de coordination de mi-année de l’organisation panafricaine, prévue du 24 au 27 juin 2026 à El Alamein, en Égypte.
Accra avait par ailleurs convoqué le haut-commissaire par intérim sud-africain pour lui notifier formellement ses préoccupations, et facilité le rapatriement d’Emmanuel Akowuah Asamoah, ressortissant ghanéen apparu dans une vidéo virale liée aux attaques, arrivé à Accra le 5 mai accompagné du haut-commissaire Benjamin Anani Quashie.
L’héritage de Nkrumah invoqué
Dans sa lettre à l’UA, le ministre Ablakwa avait convoqué la mémoire du fondateur du Ghana, Kwame Nkrumah, affirmant que « l’émancipation de l’Afrique commence par une résolution collective de faire en sorte qu’aucun Africain ne soit déshumanisé sur le sol africain ».
Le haut-commissaire Quashie avait indiqué que les autorités sud-africaines travaillaient à prévenir toute récidive, tout en reconnaissant que la situation n’était « pas encore pleinement normalisée ».
Le ministère a assuré ses ressortissants que « les meilleurs efforts sont déployés pour garantir leur retour sain et sauf », saluant leur « compréhension et leur patience remarquables ».
AC/Sf/APA







