La recomposition en cours des alliances sécuritaires à Tripoli, imposée par le pouvoir central, pourrait redessiner le rapport de force, mais sans résoudre les causes profondes de l’instabilité.
À la veille de l’Aïd al-Adha, les habitants redoutent une reprise des violences dans la capitale libyenne, où deux pouvoirs rivaux continuent de se disputer l’autorité.
Le calme en surface à savoir la réouverture des écoles, la circulation fluide, les marchés animés, masque un climat d’anxiété.
« Tout semble normal, mais on sent que quelque chose ne va pas », confie à l’AFP une habitante du quartier de Siyahiya.
D’autres témoignages évoquent des enfants traumatisés et une population sur le qui-vive.
Depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye peine à retrouver la stabilité.
Le gouvernement d’unité nationale (GNU), basé à Tripoli et reconnu par l’ONU, fait face au gouvernement rival à l’est, soutenu par le maréchal Khalifa Haftar.
À la mi-mai, la décision du Premier ministre Abdelhamid Dbeibah de démanteler les milices de Tripoli, jugées « plus puissantes que l’État », a déclenché des combats qui ont fait au moins huit morts.
Ces violences ont été exacerbées par la mort d’Abdelghani al-Kikli, dit Gheniwa, chef du groupe armé SSA.
La reprise de ses positions par la Brigade 444, rattachée au GNU, a modifié les équilibres militaires, attisant les tensions avec le groupe Radaa, puissant dans l’est de la capitale.
Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) a évoqué mercredi des « violations flagrantes » dans les centres contrôlés par le SSA, signalant la découverte de dizaines de corps, dont certains calcinés, à Tripoli.
SL/ac/Sf/APA







