Le 7 juin occupe une place particulière dans l’histoire de l’Afrique et de ses diasporas. Cette date est associée à l’éveil politique de Mohandas Gandhi en Afrique du Sud, à la prise du pouvoir par Hissène Habré au Tchad et à une étape décisive du démantèlement de l’apartheid en Afrique du Sud. Elle est également célébrée comme la Journée africaine des frontières par l’Union africaine.
Le 7 juin 1893, un jeune avocat indien de 23 ans, Mohandas Karamchand Gandhi, est expulsé d’un compartiment de première classe à la gare de Pietermaritzburg, en Afrique du Sud, malgré un billet en règle. Contraint de passer la nuit dans la salle d’attente de la gare après avoir été jeté hors du train, Gandhi dira plus tard que cet épisode fut le point de départ de son engagement contre les discriminations raciales. C’est en Afrique du Sud qu’il développera progressivement les principes de résistance non violente et de désobéissance civile qui marqueront durablement les luttes pour les droits civiques à travers le monde.
Près de neuf décennies plus tard, le 7 juin 1982, les Forces armées du Nord d’Hissène Habré s’emparent de N’Djamena et prennent le contrôle du Tchad, mettant fin au pouvoir de Goukouni Oueddei. Cette victoire militaire ouvre la voie à un régime qui restera en place jusqu’en 1990. Les années Habré seront marquées par de graves violations des droits humains attribuées à la Direction de la documentation et de la sécurité (DDS), la police politique du régime. En 2016, les Chambres africaines extraordinaires siégeant à Dakar condamneront l’ancien président tchadien à la prison à perpétuité pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et actes de torture.
Le 7 juin 1990 constitue également une date importante dans l’histoire sud-africaine. Moins de quatre mois après la libération de Nelson Mandela, le président Frederik Willem de Klerk annonce la levée de l’état d’urgence en vigueur depuis 1986 dans la majeure partie du pays. Cette mesure, qui met fin à plusieurs restrictions exceptionnelles imposées sous le régime de l’apartheid, est considérée comme l’une des étapes clés ayant conduit aux négociations politiques puis aux premières élections démocratiques multiraciales de 1994.
Au-delà de ces événements historiques, le 7 juin est célébré comme la Journée africaine des frontières. Instituée par l’Union africaine en 2011 dans le cadre du Programme des frontières de l’organisation, cette journée vise à promouvoir la coopération transfrontalière, la prévention des conflits et la gestion concertée des espaces frontaliers. Elle rappelle également les défis hérités du découpage territorial issu de la période coloniale, ayant dessiné de nombreuses frontières actuelles.
Sf/APA





