Le 5 mai s’inscrit dans le calendrier africain comme une date de ruptures majeures, articulant résistance à la domination coloniale, restauration de souverainetés et mémoire du patrimoine continental.
C’est un 5 mai 1936 que les premières troupes italiennes pénètrent dans Addis-Abeba, scellant la chute de la capitale éthiopienne après sept mois d’une guerre impitoyable marquée par l’usage de gaz de combat. L’événement consacre la conquête fasciste de l’un des derniers États africains indépendants, symbole mondial de résistance à la colonisation.
Exactement cinq ans plus tard, le 5 mai 1941, l’empereur Haïlé Sélassié entre triomphalement dans la capitale, libérée par les brigades anglo-indiennes avec le soutien des Forces françaises libres, restaurant la souveraineté nationale après cinq années d’exil et d’occupation. La date du 5 mai 1941 est depuis célébrée en Éthiopie comme le Jour de la Victoire.
En Afrique du Sud, le 5 mai 1994 s’inscrit dans la phase de transition historique ouverte par les premières élections multiraciales du 27 avril, avec les derniers préparatifs menant à l’investiture de Nelson Mandela le 10 mai, symbole de la fin officielle de l’apartheid.
Sur le plan mémoriel, le 5 mai a été proclamé Journée du patrimoine mondial africain lors de la 38e session de la Conférence générale de l’UNESCO, en novembre 2015, à la suite d’une proposition du Groupe africain. Si les biens africains représentent environ 12 % de l’ensemble des sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial, 39 % de ces biens figurent sur la liste du patrimoine en péril, exposés aux conflits armés, au changement climatique et au braconnage.
Sf/APA







