Un vote historique de la Chambre de l’Assemblée sud-africaine fait basculer l’Union sud-africaine vers une participation à la Seconde Guerre mondiale aux côtés de la Grande-Bretagne, provoquant la chute du Premier ministre J.B.M. Hertzog et ouvrant la voie au retour de Jan Smuts à la tête du gouvernement.
La décision intervient quelques jours après le déclenchement du conflit en Europe. Alors que la Grande-Bretagne est entrée en guerre contre l’Allemagne, le gouvernement sud-africain se retrouve profondément divisé sur l’attitude à adopter.
Premier ministre, J.B.M. Hertzog défend la neutralité de l’Union sud-africaine. Son adjoint, Jan Smuts, soutient au contraire une participation au conflit aux côtés de Londres.
Après un débat parlementaire particulièrement tendu, la motion de neutralité présentée par Hertzog est rejetée le 4 septembre par 80 voix contre 67. Une motion favorable à une participation au conflit obtient la même majorité.
Le résultat provoque immédiatement une crise gouvernementale. Hertzog souhaite obtenir la dissolution du Parlement afin de soumettre la question aux électeurs, mais le gouverneur général Sir Patrick Duncan refuse. Le Premier ministre démissionne alors, laissant Smuts former un nouveau gouvernement.
Le 6 septembre 1939, Smuts est officiellement investi Premier ministre et l’Union sud-africaine déclare la guerre à l’Allemagne.
Le vote du 4 septembre révèle également une profonde fracture politique au sein de la population blanche sud-africaine, notamment entre les courants afrikaners hostiles à une nouvelle participation aux côtés de la Grande-Bretagne et les partisans de Smuts favorables à l’engagement contre les puissances de l’Axe.
Le 4 septembre 1939 constitue ainsi une date majeure de l’histoire politique sud-africaine : par 80 voix contre 67, le Parlement fait le choix de la guerre, entraîne la chute de Hertzog et permet à Jan Smuts de prendre la direction du pays à la veille de son engagement officiel dans la Seconde Guerre mondiale.
APA







