Le 15 septembre 1910, le camp de Louis Botha remporte les premières élections générales de l’Union sud-africaine, quelques mois après la création de ce nouvel État issu de l’unification de quatre colonies britanniques.
15 septembre 1910. Le camp politique dirigé par Louis Botha remporte les premières élections générales de l’Union sud-africaine, quelques mois après la création de ce nouvel État réunissant les anciennes colonies britanniques du Cap, du Natal, du Transvaal et de l’État libre d’Orange.
Le scrutin met en jeu 121 sièges à la Chambre de l’Assemblée. Le camp de Louis Botha en obtient 67, contre 39 aux unionistes, tandis que les candidats indépendants remportent 11 sièges et les travaillistes quatre.
Cette victoire consolide la position de Botha à la tête du gouvernement de l’Union. Il avait été nommé premier Premier ministre de l’Union sud-africaine le 31 mai 1910, date de l’entrée en vigueur de l’Union, et dirigeait depuis lors le gouvernement du nouvel État.
Le résultat présente toutefois une particularité : Louis Botha est lui-même battu dans la circonscription de Prétoria m-Est par le candidat unioniste Sir Percy FitzPatrick. Il retrouve ensuite un siège parlementaire lors d’une élection partielle dans la circonscription de Losberg.
La victoire électorale repose sur une coalition de formations politiques afrikaners, notamment Het Volk, au Transvaal, et l’Orangia Unie, dans l’État libre d’Orange, ainsi que des organisations politiques du Cap favorables à Botha. Ces forces seront progressivement réunies au sein du South African Party.
L’élection intervient dans le contexte de la mise en place de l’Union créée par le South Africa Act de 1909, entré en vigueur le 31 mai 1910. Le nouvel État dispose désormais d’un Parlement commun et d’un gouvernement central, tout en demeurant un dominion de l’Empire britannique.
Le système électoral reste cependant fortement marqué par les discriminations raciales. Le South Africa Act maintient en grande partie les règles électorales héritées des anciennes colonies. Au Cap, certains hommes non blancs peuvent encore voter sous réserve de conditions censitaires, tandis que leurs droits politiques sont beaucoup plus restreints dans les autres provinces.
La majorité de la population noire, ainsi que les populations indienne et métisse dans une large mesure, demeure ainsi exclue de la représentation politique nationale. Le Parlement de l’Union est dominé par les électeurs blancs, dans un système qui institutionnalise durablement leur prééminence politique.
La création de l’Union sud-africaine et ces premières élections constituent une étape majeure dans la formation de l’État sud-africain moderne. Elles précèdent de plusieurs décennies l’arrivée au pouvoir du Parti national en 1948 et l’instauration officielle de l’apartheid.
Le 15 septembre 1910 marque ainsi l’installation électorale du nouvel ordre politique de l’Union sud-africaine et la consolidation de Louis Botha comme principale figure gouvernementale du nouvel État.
Sf/APA





