Afflux de chaînes mondiales et multiplication des projets touristiques, dans un contexte de recomposition accélérée du secteur, les villes de Marrakech et Casablanca vivent une intense pression hôtelière.
Le Maroc connaît une intensification marquée des investissements des grandes chaînes hôtelières internationales, avec une concentration particulière à Marrakech et Casablanca, selon des données sectorielles récentes.
Porté par des records touristiques et une dynamique de projets d’envergure, le pays s’impose comme l’un des marchés les plus attractifs d’Afrique dans l’hôtellerie haut de gamme, à l’approche des échéances internationales de 2030.
Prolongeant cette tendance, les acteurs du secteur évoquent une transformation structurelle du paysage touristique, soutenue par une montée en puissance de l’offre et une accélération des mises en chantier. Près de 19,8 millions de touristes ont été accueillis en 2025, générant environ 138 milliards de dirhams de recettes, des niveaux qui renforcent l’attrait des investisseurs étrangers pour les principales destinations urbaines du Royaume.
Dans ce contexte, les grands groupes internationaux privilégient un modèle fondé sur les contrats de gestion, dans lequel les investisseurs locaux financent les infrastructures tandis que les enseignes étrangères assurent l’exploitation et la commercialisation. Ce schéma leur permet de limiter l’exposition financière tout en captant une part significative de la valeur via les marques, les réseaux de réservation et les redevances.
Cette dynamique redessine progressivement la carte touristique nationale. Marrakech, déjà fortement structurée, fait face à une intensification de l’offre haut de gamme et à une pression sur ses capacités d’accueil.
Casablanca s’affirme comme un pôle en expansion du tourisme d’affaires, soutenu par des projets d’hôtels de standing international. Rabat, de son côté, s’oriente vers un positionnement premium adossé à sa transformation urbaine.
Toutefois, cette expansion soulève des interrogations sur la répartition des retombées économiques. Le modèle actuel, largement porté par des opérateurs étrangers, interroge la capacité de l’économie locale à capter une part substantielle des marges générées.
Les effets attendus en matière d’emploi et de montée en compétence coexistent avec des risques de dépendance accrue aux standards internationaux et aux chaînes de valeur globalisées.
Dans le prolongement de ces évolutions, la question de l’équilibre entre attractivité internationale et ancrage local apparaît centrale. La concentration des investissements à Marrakech et Casablanca confirme l’attractivité du marché marocain, tout en mettant en évidence les tensions potentielles entre croissance rapide du secteur et préservation de la valeur ajoutée nationale.
MK/AK/Sf/APA







