Le Maroc a ouvert, lundi à Marrakech, le Congrès et Salon international des mines (SIM 2025) en réaffirmant que l’Afrique occupe désormais une place centrale dans la compétition mondiale pour les minéraux critiques.
Le Congrès et Salon international des mines (SIM 2025) a été inauguré par la ministre marocaine de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, qui a présenté l’Afrique comme un acteur incontournable de la transition énergétique et technologique mondiale.
S’adressant aux délégations ministérielles, responsables industriels et partenaires internationaux, elle a rappelé que la demande mondiale en cobalt, manganèse, lithium, cuivre, graphite et terres rares croît à un rythme supérieur aux capacités naturelles de renouvellement géologique.
La ministre a souligné que « le monde n’a jamais eu autant besoin de minéraux stratégiques », précisant que ces ressources conditionnent les batteries, les véhicules électriques, l’hydrogène, le numérique et les énergies renouvelables. Elle a relevé le contraste entre les processus géologiques lents et l’accélération des chaînes de valeur mondiales, une tension qu’elle a qualifiée de déterminante pour l’avenir de l’industrie internationale. Selon elle, ce décalage place l’Afrique au cœur des reconfigurations économiques en cours.
Benali a évoqué un paradoxe structurel : malgré l’importance stratégique des ressources africaines, le continent n’en capte qu’une faible part de valeur. Elle a cité les limites des infrastructures énergétiques, les vulnérabilités aux cycles des matières premières et la complexité des cadres réglementaires. Pour y répondre, elle a appelé à une gouvernance modernisée, à la transformation locale et à une coordination continentale renforcée, estimant que « le monde dépend des minéraux africains, mais l’Afrique doit définir les conditions de leur valorisation ».
Présentant le Maroc comme étude de cas, la ministre a rappelé la numérisation complète du cadastre minier national, la réforme du code minier ainsi que le lancement de la plateforme fa7m.ma destinée à formaliser les petits exploitants, notamment dans la région de Jerada. Elle a indiqué que ces mesures traduisent une volonté de se positionner sur les segments à plus forte valeur ajoutée des chaînes mondiales.
Le président de la Fédération marocaine de l’industrie minière (FDIM), Mohamed Cherrat, a déclaré que les ressources minérales soutiennent des secteurs industriels clés et renforcent la souveraineté économique du pays. Il a mis en avant l’importance croissante du secteur minier dans un contexte mondial marqué par les transitions énergétique et technologique.
Benali a enfin salué l’émergence d’une coordination africaine accrue dans le domaine minier. Elle a évoqué « le génie africain », expression désignant la capacité du continent à analyser les rapports de force et à élaborer des stratégies communes. Selon elle, l’Afrique défend désormais une posture de négociation et d’anticipation, portée par la convergence des politiques nationales.
Porté par les ministères marocains de l’Énergie, de l’Industrie et par AMDIE, SIM 2025 marque ainsi un moment de visibilité stratégique pour l’Afrique. Le message partagé à Marrakech est que le continent n’attend plus d’être intégré aux chaînes de valeur mondiales : il entend en définir les règles, avec le Maroc comme plateforme de structuration et d’ancrage industriel.
MK/Sf/ac/APA







