Le Maroc dispose en moyenne d’une année supplémentaire d’approvisionnement en eau potable grâce à des apports cumulés de 4,07 milliards de mètres cubes enregistrés depuis septembre, à la faveur de précipitations et de chutes de neige exceptionnelles, selon les autorités.
Le Maroc a enregistré une amélioration notable de sa situation hydrique après plusieurs semaines de pluies soutenues, avec des apports en eau atteignant 4,07 milliards de mètres cubes entre septembre et le 20 janvier, a annoncé le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka. S’exprimant mardi devant la Chambre des conseillers, le ministre a précisé que près de 3,6 milliards de mètres cubes avaient été enregistrés au cours des quarante derniers jours, modifiant sensiblement les niveaux de remplissage des barrages dans plusieurs régions du pays.
Les précipitations cumulées depuis septembre ont atteint 121,5 millimètres, soit plus du double de celles observées sur la même période l’an dernier. Ce volume dépasse également d’environ 25 % la moyenne enregistrée entre 1990 et 2020. Nizar Baraka a qualifié ces données « d’encourageantes », après plusieurs années consécutives de stress hydrique ayant pesé sur l’approvisionnement en eau potable, l’agriculture et l’industrie.
Les chutes de neige ont contribué de manière significative à ce redressement. Les superficies enneigées ont culminé à plus de 55 000 kilomètres carrés avant de se stabiliser autour de 22 600 kilomètres carrés, un niveau inédit depuis 2018. Ces apports ont permis d’augmenter le taux de remplissage des barrages nationaux de 28 % à 48 % en l’espace de quelques semaines.
Plusieurs bassins ont enregistré des hausses marquées. Dans le bassin du Sebou, le taux de remplissage est passé de 36 % à 57 %, avec des réserves dépassant 3,1 milliards de mètres cubes, tandis que quatre barrages ont atteint ou dépassé leur capacité maximale. Le bassin de l’Oum Er-Rbia a vu ses stocks progresser de 250 millions à plus de 1,17 milliard de mètres cubes, le taux de remplissage passant de 5 % à 24 %.
Dans le bassin du Bouregreg et de la Chaouia, les réserves ont dépassé un milliard de mètres cubes, pour un taux de remplissage de 95,5 %. Le Loukkos a atteint plus de 64 %, contre 45 % un an auparavant. Le Souss-Massa a triplé ses réserves à 382 millions de mètres cubes, garantissant une année supplémentaire d’eau potable, voire deux ans pour certaines zones. En revanche, les bassins du Drâa-Oued Noun et de la Moulouya sont restés globalement stables.
À l’échelle nationale, ces gains assurent en moyenne une année d’approvisionnement supplémentaire, avec des disparités allant d’un à trois ans selon les bassins. Le gouvernement entend consolider cette amélioration en accélérant la construction de barrages, en développant les interconnexions hydrauliques, le dessalement et le traitement des eaux usées, dans le cadre du Plan national de l’eau à l’horizon 2050.
MK/Sf/APA







