Le Mali souhaite accélérer la mise en œuvre de la Grande muraille verte (GMV), un programme continental de restauration des terres et de lutte contre la désertification. Le dossier a été examiné le 5 juin 2026 à Koulouba, dans un contexte marqué par une pression climatique et environnementale croissante au Sahel.
Le général d’armée Assimi Goïta a reçu, vendredi, le Professeur Almoustapha Garba, Secrétaire exécutif de l’Agence panafricaine de la Grande muraille verte (APGMV). L’audience s’est tenue en présence de la ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Doumbia Mariam Tangara, qui assure actuellement la présidence du Conseil des ministres de l’Agence.
La rencontre a permis de faire le point sur la feuille de route de l’Agence panafricaine de la GMV, les actions menées, les difficultés rencontrées ainsi que les prochaines étapes. À l’issue des échanges, Almoustapha Garba a indiqué avoir reçu des orientations visant à accélérer la mise en œuvre des projets et programmes au bénéfice des populations.
Le Mali se situe sur le tracé sahélien de cette initiative lancée en 2007 par l’Union africaine pour lutter contre la désertification, restaurer les terres dégradées et renforcer la résilience des populations rurales. Le programme vise également à soutenir les activités productives dans les zones exposées à la sécheresse, à l’érosion des sols et à la pression exercée sur les ressources naturelles.
Selon les données présentées lors de la sixième session ordinaire de l’Agence nationale GMV, le corridor malien s’étend sur plus de 2 000 kilomètres de long et 215 kilomètres de large. Il couvre 12 régions, 92 cercles et 204 communes, et concerne plus de 4 millions de personnes.
Les derniers résultats nationaux disponibles indiquent qu’en 2024, près de 87 000 hectares de terres ont été restaurés, plus de 13 millions de plants produits, 657 forages réalisés et plus de 19 000 foyers améliorés installés. Ces actions visent à réduire la pression sur les ressources forestières, à améliorer l’accès à l’eau, et à renforcer les moyens de subsistance des populations rurales.
Le Mali bénéficie également d’un financement de 150 millions de dollars de la Banque mondiale destiné à restaurer les paysages dégradés et à promouvoir une croissance plus résiliente face aux effets du changement climatique. Ce projet doit notamment contribuer à la réhabilitation de plus de 400 000 hectares de terres dégradées dans plus de 87 communes.
À l’échelle continentale, la Grande muraille verte ambitionne de restaurer 100 millions d’hectares de terres, de séquestrer 250 millions de tonnes de carbone et de créer 10 millions d’emplois verts d’ici à 2030. Malgré les progrès enregistrés dans certains pays, l’initiative reste confrontée à des retards liés au financement, à la coordination, à l’insécurité et aux effets croissants du changement climatique.
Au Mali, l’accélération du programme dépasse la seule dimension environnementale. Elle concerne également la sécurité alimentaire, l’accès à l’eau, les revenus ruraux, l’emploi des jeunes et la stabilisation des zones sahéliennes confrontées à la dégradation des terres.
MD/te/Sf/APA







