La Sierra Léone a franchi une étape majeure en santé publique en dépassant ses objectifs nationaux lors d’une récente campagne de vaccination contre le virus du papillome humain (VPH), renforçant ainsi les efforts pour éliminer le cancer du col de l’utérus d’ici 2030.
Organisée par le gouvernement sierra léonais avec le soutien technique de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et en partenariat avec l’UNICEF, l’UNFPA et Gavi, l’Alliance du vaccin, cette campagne nationale a permis de vacciner plus d’un million de filles, soit 116 % de l’objectif initial de 868 300 adolescentes.
Pour la première fois, l’initiative a adopté une stratégie de cohortes multi-âges, élargissant l’éligibilité aux filles de 11 à 18 ans afin de renforcer rapidement l’immunité collective et de combler les lacunes de protection. Parmi les bénéficiaires, 66 % étaient scolarisées et 34 % non scolarisées, illustrant un effort en faveur de l’équité. Par ailleurs, 64 % des filles scolarisées et 53 % des non-scolarisées recevaient le vaccin pour la première fois.
La campagne d’une semaine, lancée en novembre 2025 à Freetown, s’inscrit dans une stratégie nationale intégrée combinant vaccination, dépistage élargi et traitement rapide. Elle fait suite à l’introduction du vaccin contre le VPH dans le programme de vaccination de routine en 2022.
Lors du lancement, le ministre de la Santé, Austin Demby, a appelé à une mobilisation collective pour protéger les femmes et les filles. De son côté, le représentant de l’OMS en Sierra Léone, George Ameh, a salué « ce que le leadership coordonné, la confiance des communautés et de solides partenariats peuvent accomplir ».
Sur le plan sécuritaire, 514 effets indésirables post-vaccinaux ont été signalés, dont seulement deux cas graves, tous pris en charge rapidement. Le taux d’utilisation des vaccins a atteint 107 %, témoignant d’une forte demande et d’une gestion efficace.
Le cancer du col de l’utérus reste le cancer le plus meurtrier chez les femmes en Sierra Léone, avec plus de 500 nouveaux cas et près de 370 décès chaque année. Après un projet pilote lancé en 2013 dans le district de Bo, interrompu par l’épidémie d’Ebola, puis par la pandémie de COVID-19, le pays a adopté en 2023 une stratégie nationale d’élimination avec l’appui de ses partenaires.
Fort d’une couverture vaccinale désormais supérieure à 70 %, le pays progresse vers les objectifs mondiaux : 90 % des filles entièrement vaccinées avant 15 ans, 70 % des femmes dépistées à 35 et 45 ans, et 90 % des cas diagnostiqués traités d’ici 2030.
DM/te/Sf/APA







