Les Nations Unies ont condamné le meurtre d’un infirmier et la blessure grave d’un autre agent de santé lors d’une attaque dans le territoire de Bafwasende, en province de la Tshopo, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), alors que l’épidémie d’Ebola continue de mettre à rude épreuve les systèmes sanitaires et les équipes de riposte.
Les Nations Unies ont condamné le meurtre d’un infirmier engagé dans la riposte contre Ebola et la blessure grave d’un autre professionnel de santé, victimes d’une attaque survenue samedi dans le territoire de Bafwasende, en province de la Tshopo, au nord-est de la République démocratique du Congo (RDC).
« Je condamne fermement cette attaque et encourage une enquête approfondie », a déclaré Julien Harneis, coordinateur principal de l’ONU chargé de la lutte contre Ebola, appelant les communautés à protéger les agents de santé et à leur permettre de travailler en toute sécurité.
Selon les premières informations de la Division provinciale de la santé à Kisangani, les deux professionnels ont été pris pour cible alors qu’ils participaient aux opérations de riposte contre l’épidémie.
Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a également condamné cette attaque, rappelant que toutes les personnes mobilisées pour protéger les communautés contre Ebola doivent pouvoir exercer leurs fonctions dans des conditions sûres.
Le directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, le Dr Mohamed Yakub Janabi, a pour son part insisté sur la nécessité de protéger les agents de santé, avertissant que « la désinformation et la peur ne doivent jamais alimenter la violence ».
Ces violences s’ajoutent aux difficultés rencontrées par les équipes sanitaires sur le terrain, notamment la méfiance de certaines communautés à l’égard de la maladie et des mesures de riposte. Dès le mois de mai, des habitants avaient incendié deux tentes dans des centres de santé lors de deux incidents distincts.
Évacuation d’une patiente vers la Suisse
Sur le plan régional, une ressortissante suisse de 42 ans, atteinte d’Ebola au Nigéria, a été évacuée lundi matin vers la Suisse par avion sanitaire, en compagnie de son époux, employé de l’ambassade suisse à Abuja.
Il s’agissait du premier cas d’Ebola signalé au Nigéria depuis 12 ans. Selon le bureau régional africain de l’OMS, l’état clinique de la patiente était stable au moment de son évacuation, après sa prise en charge par les équipes médicales nigérianes.
À la suite de ce transfert, aucun cas d’Ebola n’était recensé au Nigéria, selon les informations rapportées. Les autorités sanitaires avaient toutefois identifié 52 personnes ayant été en contact avec la patiente, qui doivent faire l’objet d’un suivi.
Près de 10 000 cas confirmés en RDC
En République démocratique du Congo, la riposte contre Ebola se poursuit dans huit provinces et 66 zones de santé. Selon les données communiquées par les autorités congolaises, le bilan arrêté au 22 octobre 2026 faisait état de 9 816 cas confirmés, dont 4 757 décès et 2 635 guérisons.
Le taux de létalité global s’établissait à 48,5 %, tandis que 1 130 patients étaient en isolement ou hospitalisés.
Au Kenya, neuf cas, dont deux décès, avaient été recensés en octobre. L’Ouganda, qui avait enregistré 20 cas et deux décès, a, de son côté, été officiellement déclaré exempt d’Ebola par l’OMS.
Face à la propagation du virus et aux obstacles sécuritaires, sanitaires et communautaires, les organisations internationales appellent à renforcer la protection des équipes médicales et à soutenir les efforts de prévention, de surveillance et de prise en charge des malades.
La République démocratique du Congo est régulièrement confrontée à des épidémies d’Ebola, une maladie virale grave qui se transmet notamment par contact direct avec le sang ou les liquides biologiques d’une personne infectée. La lutte contre le virus repose sur la détection rapide des cas, l’isolement des malades, le suivi des contacts, la prévention des infections et la mobilisation des communautés. Les attaques contre les professionnels de santé et la désinformation constituent des obstacles supplémentaires à la riposte sanitaire.
DM/Sf/APA




