L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a lancé à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, un essai clinique dénommé « Tumaini » pour évaluer deux candidats-vaccins contre le virus Ebola de Bundibugyo, responsable de l’épidémie en cours en République démocratique du Congo (RDC), a appris APA de source sanitaire.
L’essai a démarré vendredi avec la vaccination de quatre premiers participants. Il est conduit par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) de la RDC et vise à évaluer la sécurité, l’efficacité et l’immunogénicité des deux candidats-vaccins, notamment leur capacité à déclencher une réponse immunitaire.
Le protocole repose sur la vaccination en anneau, une stratégie qui consiste à vacciner les personnes ayant été en contact avec des cas confirmés afin de réduire les risques de propagation du virus.
L’OMS indique que l’essai sera conduit dans le respect des exigences scientifiques et éthiques, notamment le consentement éclairé des participants et l’implication des communautés locales.
La supervision scientifique est assurée par les docteurs Hugo Kavunga, de l’INRB, et Jean-Pierre Van Geertruyden, de l’Université d’Anvers. Selon la Dre Meg Doherty, directrice du Département des sciences pour la santé de l’OMS, les équipes envisagent d’étendre progressivement le dispositif à plusieurs sites, avec l’appui de mécanismes de sensibilisation communautaire.
Sur le terrain, les équipes sanitaires s’emploient à identifier les personnes exposées au virus, notamment les proches des patients et les personnes susceptibles d’avoir été contaminées par d’autres voies. Au moment de l’annonce, deux cercles de vaccination étaient déjà opérationnels, tandis que plusieurs autres étaient en préparation.
L’intérêt de la population pour l’essai semble également se manifester, des membres de la communauté s’étant présentés sur le site pour demander à y participer, selon la Dre Doherty.
Les premiers résultats sont attendus dans plusieurs mois. Les données recueillies devraient permettre aux chercheurs et aux autorités sanitaires d’apprécier la contribution potentielle de ces candidats-vaccins à la maîtrise de l’épidémie actuelle et à la prévention de nouvelles flambées.
En parallèle, deux groupes consultatifs techniques de l’OMS ont examiné les données concernant deux autres candidats-vaccins contre le virus de Bundibugyo : le ChAdOx1, développé par l’Université d’Oxford en partenariat avec le Serum Institute of India, et le mRNA-1469, mis au point par Moderna. Les recommandations de ces groupes étaient attendues dans la semaine suivant leur réunion.
La vaccination en anneau avait déjà été utilisée lors de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, il y a une dizaine d’années. Cette stratégie avait notamment contribué à démontrer l’efficacité du vaccin Ervebo contre le virus Ebola de l’espèce Zaïre. Toutefois, son efficacité contre le virus de Bundibugyo n’est pas établie.
Selon les données des autorités sanitaires congolaises arrêtées au 25 octobre, la RDC comptabilisait 10 060 cas confirmés et 4 887 décès, soit un taux de létalité de 48,6 %. Le bilan faisait également état de 2 684 guérisons.
L’Ituri demeure la province la plus touchée, avec 7 211 cas confirmés et 3 370 décès, représentant environ 71 % des cas recensés dans le pays. Le Nord-Kivu figure également parmi les provinces affectées, avec 2 309 cas et 1 293 décès.
Depuis le début de l’épidémie, en mai 2026, 66 zones de santé réparties dans huit provinces ont été touchées. Dans ce contexte, la mise au point de vaccins adaptés au virus de Bundibugyo constitue un enjeu important pour renforcer les capacités de riposte sanitaire du pays.
Identifié pour la première fois en 2007 lors d’une épidémie en Ouganda, le virus Ebola de Bundibugyo a été à l’origine de deux autres flambées documentées, dont une en 2012 dans la région d’Isiro, au nord-est de la RDC. L’épidémie déclarée en mai 2026 constitue ainsi la troisième flambée connue de cette maladie.
Contrairement au virus Ebola de l’espèce Zaïre, contre lequel le vaccin Ervebo a démontré son efficacité, aucun vaccin spécifiquement autorisé contre le virus de Bundibugyo n’est disponible à ce jour. Le lancement de l’essai clinique « Tumaini » ouvre ainsi une nouvelle étape dans la recherche de moyens de prévention adaptés à cette souche du virus.
DM/te/Sf/APA





