La recrudescence des violences dans le territoire de Djugu, en Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a provoqué le déplacement de plus de 5 000 personnes et perturbé les opérations humanitaires, notamment la riposte contre Ebola, ont indiqué des sources humanitaires et les Nations Unies.
Les affrontements se sont intensifiés en RDC depuis le 27 septembre dans plusieurs secteurs de Djugu, notamment autour du site de déplacés de Rhoe, où plus de 3 000 personnes auraient fui. Au moins quatre personnes auraient été tuées et sept autres blessées, tandis que plusieurs habitations ont été incendiées à Blukwa.
Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), cette nouvelle dégradation sécuritaire intervient après plusieurs mois d’accalmie relative dans plusieurs secteurs du territoire. Les femmes et les enfants constitueraient la majorité des personnes déplacées.
L’insécurité affecte directement la riposte contre Ebola. Certaines organisations ont suspendu leurs déplacements dans les zones de santé de Fataki, Drodro et Lita, limitant leurs interventions, précise l’OCHA.
Le centre de transit Ebola du camp de déplacés de Kigonze a également été incendié dans la soirée du 30 septembre. Le site, désormais déserté, a été ravagé par les flammes, selon Julien Harneis, coordinateur principal de l’ONU pour la réponse à Ebola.
Les violences perturbent également l’acheminement des échantillons de laboratoire de Fataki vers Bunia et le transfert des patients confirmés de Gina vers Fataki pour leur prise en charge.
Dans l’aire de santé de Gina, une organisation a suspendu ses déplacements alors qu’elle soutient un centre de traitement Ebola. Une autre a interrompu ses activités de communication sur les risques et d’engagement communautaire dans plusieurs aires de santé de Drodro.
Dans la zone de santé de Lita, des habitants et certains membres du personnel mobilisés dans la riposte auraient également quitté leurs localités pour des secteurs jugés plus sûrs. Leur nombre n’a pas encore été établi, selon l’OCHA.
L’accès à la route nationale 27 (RN27), un axe important pour les échanges économiques et les opérations humanitaires, est également menacé. Toute perturbation de cet axe pourrait compliquer davantage l’acheminement de l’aide et les activités de riposte contre Ebola à Drodro, Fataki et Lita.
La situation est aussi préoccupante dans le Nord-Kivu voisin. Deux personnes engagées dans la lutte contre Ebola auraient été tuées à Lubero les 27 et 28 septembre, selon des partenaires humanitaires locaux. Dans le territoire de Masisi, plus de 24 000 personnes auraient été déplacées depuis la mi-septembre à la suite des affrontements.
En Ituri, les acteurs de la protection ont renforcé leur suivi dans plusieurs localités et le long de la RN27. Un mouvement de retour limité a été observé le 29 septembre dans certaines zones, mais l’insécurité continue d’en freiner l’ampleur.
L’OCHA et ses partenaires appellent toutes les parties à protéger les civils, à préserver le caractère humanitaire des sites de déplacés et à garantir l’accès humanitaire.
Selon le dernier bilan de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), arrêté au 29 septembre, l’épidémie d’Ebola avait fait 3 982 morts et enregistré plus de 8 224 cas confirmés dans sept provinces et 63 zones de santé de la RDC.
DM/te/Sf/APA





