Plus d’une femme égyptienne sur trois a subi des violences physiques ou sexuelles de la part d’un partenaire intime au cours de sa vie, selon un nouveau rapport publié mercredi par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Selon les estimations pour 2023, 33,5 % des Égyptiennes âgées de 15 à 49 ans, mariées ou en couple, déclarent avoir été victimes de violences conjugales. Ce niveau se situe au-dessus de la moyenne de la région Afrique du Nord–Moyen-Orient, où les taux varient entre 20,8 % et 46,9 %. L’OMS estime qu’environ 29 % des femmes de 15 ans et plus subissent au moins une forme de violences physiques ou sexuelles dans le cadre conjugal dans cette région.
Les données sur les 12 derniers mois révèlent également une situation préoccupante : 17,2 % des Égyptiennes ont été victimes de violences de leur partenaire intime, contre une moyenne régionale de 13,5 %. Ces niveaux, jugés « alarmants » par des experts internationaux, s’inscrivent dans une tendance mondiale d’augmentation ou de stagnation des violences domestiques.
À l’échelle mondiale, près d’une femme sur trois – environ 840 millions – a subi des violences physiques ou sexuelles de la part d’un partenaire intime ou des violences sexuelles infligées par d’autres personnes au cours de sa vie.
L’OMS souligne que les progrès restent « douloureusement lents », avec une baisse annuelle de seulement 0,2 % depuis vingt ans. Sur la seule année écoulée, 316 millions de femmes, soit 11 % de celles âgées de 15 ans et plus, ont été victimes de violences conjugales.
Pour la première fois, le rapport inclut des estimations concernant les violences sexuelles commises par une personne autre qu’un partenaire intime : 263 millions de femmes dans le monde en auraient été victimes depuis l’âge de 15 ans. L’organisation insiste sur la nécessité de comprendre l’ampleur réelle du phénomène, qui reste largement sous-déclaré.
L’OMS alerte par ailleurs sur la chute des financements internationaux consacrés à la prévention des violences faites aux femmes. En 2022, seuls 0,2 % des fonds mondiaux d’aide au développement y étaient dédiés, et ce montant a encore diminué en 2025. Selon le rapport, cette contraction budgétaire intervient « au moment même où les crises humanitaires, les avancées technologiques et les inégalités socio-économiques exposent davantage de femmes aux violences ».
Les disparités régionales restent fortes : l’Océanie enregistre une prévalence de 38 % de violences conjugales au cours des douze derniers mois, soit plus de trois fois la moyenne mondiale. À l’inverse, l’Amérique latine et les Caraïbes (7 %), ainsi que l’Europe et l’Amérique du Nord (5 %), affichent les niveaux les plus bas.
MK/AK/Sf/APA







