Une étude menée durant plus de deux ans sur six plages du littoral dakarois révèle une pollution bactériologique préoccupante, particulièrement en saison des pluies, la Baie des Carpes, Yoff et la baie de Ngor figurant parmi les zones les plus exposées.
Se baigner sur certaines plages de Dakar peut exposer à des risques sanitaires accrus. C’est l’un des principaux enseignements d’un programme de suivi conduit entre octobre 2023 et mars 2026 par la Surfrider Foundation Sénégal, dont les résultats pointent une dégradation variable mais préoccupante de la qualité des eaux récréatives sur le littoral de la capitale.
Sur la base de 80 campagnes de prélèvements et de 467 analyses bactériologiques réalisées par l’Institut Pasteur, 42,8 % des échantillons présentent une qualité jugée non satisfaisante selon les références internationales utilisées, notamment la directive européenne sur les eaux de baignade.
Les analyses portaient sur la présence de bactéries fécales indicatrices de pollution, Escherichia coli et entérocoques.
L’étude met en évidence de fortes disparités selon les sites. Ouakam ressort comme la plage la plus satisfaisante pour la baignade. Le Virage et Secret affichent une situation globalement acceptable malgré quelques contaminations ponctuelles.
En revanche, la baie de Ngor est classée non satisfaisante, tandis que Yoff et la Baie des Carpes sont identifiés comme zones à risque nécessitant des efforts urgents.
La Baie des Carpes apparaît comme le site le plus dégradé. Les concentrations moyennes en E. coli y atteignent 6 100 UFC/100 mL, soit plus de six fois le seuil de référence retenu, avec des pics allant jusqu’à 63 000 UFC/100 mL.
Autre constat marquant : pendant l’hivernage, le risque de pollution bactériologique devient environ 2,5 fois plus élevé qu’en saison sèche, en raison notamment du ruissellement des eaux pluviales, des débordements des réseaux d’assainissement et du transport de déchets vers la mer. Les auteurs recommandent d’éviter la baignade durant les quatre jours suivant une pluie.
Face à ces résultats, la Surfrider Foundation Sénégal a lancé un plaidoyer national appelant à renforcer l’assainissement, mieux encadrer l’urbanisation côtière, instaurer une norme sénégalaise sur les eaux de baignade et améliorer la gouvernance du littoral.
ARD/Sf/APA







