L’opération de contamination a débuté sur les anciens sites sahariens ayant accueilli les essais nucléaires français entre 1960 et 1966. Conduite par des unités spécialisées de l’Armée nationale populaire (ANP), elle obéit, selon les autorités algériennes, à un protocole strict élaboré après une phase de préparation et de formation technique.
Cette intervention se déroule dans un contexte diplomatique marqué par des discussions récurrentes entre l’Algérie et la France sur la question de la décontamination et de l’indemnisation des victimes. Le dossier figure de longue date parmi les principaux contentieux mémoriels entre les deux pays.
Au cœur des revendications algériennes figure l’exigence d’un nettoyage complet des zones irradiées et d’une transparence totale sur la localisation des matériels contaminés enfouis dans le désert. La France a adopté en janvier 2010 la loi dite « Morin », encadrant l’indemnisation des victimes des essais nucléaires en Algérie et en Polynésie française.
Toutefois, côté algérien, les autorités estiment que les retombées concrètes pour les populations locales demeurent marginales, et que les demandes d’accès aux cartes précisant l’emplacement exact des déchets radioactifs n’ont pas reçu de réponse satisfaisante. Des témoignages d’anciens militaires français ont évoqué l’enfouissement à faible profondeur d’équipements contaminés, alimentant les inquiétudes sur la persistance de la radioactivité dans la région.
Les conséquences sanitaires et environnementales restent au centre des préoccupations. Dans le périmètre de Reggane, des cas de cancers et de malformations congénitales ont été rapportés par des acteurs locaux et des observateurs, qui établissent un lien avec l’exposition aux radiations issues des essais atmosphériques et souterrains. Si les autorités algériennes évoquent une prévalence anormale de certaines pathologies, l’absence de données publiques consolidées et de registres sanitaires exhaustifs limite toutefois la mesure précise de l’ampleur du phénomène. Cette lacune statistique nourrit à la fois les revendications et les controverses.
Face à ce qu’Alger considère comme une inertie française sur la question du nettoyage, la décision d’engager des moyens nationaux apparaît comme un acte de souveraineté autant qu’une réponse opérationnelle. L’intervention en milieu irradié exige des compétences spécifiques, des équipements adaptés et une planification de long terme. Selon des sources proches du dossier, des centaines de militaires pourraient être mobilisés sur une période étendue, compte tenu de l’ampleur du territoire concerné et de la complexité des opérations de décontamination.
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