Avec en moyenne 132 plaintes enregistrées par an, la Côte d’Ivoire qui enregistre des progrès « significatifs » en matière de lutte contre la corruption, veut davantage mettre l’accent sur la sensibilisation afin d’éradiquer ce fléau.
La Haute autorité ivoirienne pour la bonne gouvernance (HABG) a, dans cette optique, initié ce mercredi 9 juillet 2025, une rencontre avec les médias dans ses locaux, à Abidjan, afin de présenter le fonctionnement et les actions de l’institution.
Cette initiative, baptisée « Journée porte ouverte », est organisée en prélude à la célébration de la Journée africaine de lutte contre la corruption (JALC), commémorée chaque 11 juillet, sous l’égide de l’Union africaine.
A cette occasion, le capitaine Euloge Kouacou, un responsable de la direction de l’investigation et des poursuites, a relevé qu’entre 2014 et 2022, la Haute autorité de la bonne gouvernance de Côte d’Ivoire a enregistré en moyenne 132 plaintes par an.
Depuis 2023, une hausse « significative » est observée, avec 428 plaintes reçues en 2023 et 472 en 2024, soit environ 900 plaintes sur deux années, a affirmé le capitaine Euloge Kouacou, indiquant que pour l’année 2025, ce sont déjà 294 plaintes qui ont été enregistrées du 1ᵉʳ janvier au 30 juin.
Concernant la saisine de la HABG, il a rappelé que tout individu, sans distinction, peut saisir l’institution, notamment celui qui estime être victime d’un acte de corruption ou d’une infraction assimilée, mais aussi ceux ayant connaissance de faits impliquant d’autres personnes.
M. Épiphane Zoro Bi Ballo, le président de la HABG, a souligné que cette rencontre avec les médias s’inscrit dans une dynamique d’engagement citoyen et de redevabilité publique, une démarche au cœur de la mission de l’institution.
Il a soutenu que cette Journée porte ouverte marque la volonté de la HABG de renforcer le lien de confiance entre l’institution et les relais d’opinion, dans un esprit de partenariat qui se veut constructif.
Cette journée a permis de découvrir de l’intérieur le fonctionnement, les missions, les outils de travail et les résultats de la HABG. Et ce, afin de permettre aux médias de mieux « adresser » leurs sujets et préoccupations, a-t-il précisé.
Me Emmanuel Assi, membre du Conseil de la HABG, a indiqué que depuis sa création en 2013, l’institution s’est engagée à « faire de la Côte d’Ivoire un pays respectueux des bonnes pratiques de gouvernance afin d’éradiquer la corruption et les infractions assimilées ».
Il s’est réjoui des résultats « tangibles et encourageants » enregistrés, confiant que le pays affichait un score de 27/100 à l’indice de perception de la corruption (IPC) de Transparency International. En 2025, ce score est passé à 45/100, classant le pays à la 69ᵉ place sur 180.
Par ailleurs, Me Emmanuel Assi a confirmé qu’il s’agit de l’un des progrès les plus « significatifs » enregistrés sur le continent africain et du « meilleur » score jamais atteint par la Côte d’Ivoire depuis l’existence de cet indice.
« Notre ambition clairement assumée est d’atteindre plus de 50 points sur 100 dans les prochaines années », a déclaré Me Assi, prévenant que cela exige de la « rigueur, la continuité dans les réformes, mais aussi la mobilisation de toutes les forces vives. »
M. Désiré Dago Djiriga, le directeur du traitement des déclarations de patrimoine, a fait savoir que de 2015 au 30 juin 2025, la HABG a identifié et sensibilisé 10 421 personnes assujetties à la déclaration de patrimoine.
Il a ajouté que 10 268 déclarations de patrimoine ont été réceptionnées, dont 9 564 déclarations de prise de fonction ou de début de mandat, 541 déclarations de cessation de fonction ou de fin de mandat, et 163 déclarations de mise à jour du patrimoine, soit un taux de déclaration de patrimoine de prise de fonction de 91,78 %.
Cette journée porte ouverte a également été marquée par le dévoilement de la nouvelle identité visuelle de la HABG. Pour M. Jean Tanguy Yapoidou, directeur de la Communication et du partenariat, la HABG a jugé nécessaire d’adapter son identité visuelle pour mieux « refléter son engagement renouvelé, son dynamisme et son ouverture vers l’avenir ».
Ce logo, a-t-il soutenu, est un symbole de « modernité, de confiance et de responsabilité ». Il incarne les missions fondamentales de l’institution, mais aussi sa volonté d’être plus proche des citoyens, des entreprises et des partenaires, tout en restant fidèle à ses valeurs fondatrices.
AP/Sf/APA





