L’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI) et la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) ont signé ce jeudi à Bamako un protocole d’accord institutionnel, marquant une nouvelle étape dans la lutte contre la corruption au sein de l’UEMOA.
L’accord venu renforcer la lutte contre la corruption dans l’ espace UEMOA été paraphé par le président de l’OCLEI, Dr Moumouni Guindo, et le vice-président de la BOAD chargé du Support et du Contrôle, M. Braima Luis Soares Cassama.
Composé de trois sections et quinze articles, ce protocole établit un cadre formel de coopération visant à intensifier les échanges d’informations, organiser des missions conjointes, mettre en commun les expertises, et renforcer les capacités des acteurs de la gouvernance financière. Il prévoit également la mise en place de dispositifs d’assistance technique et de concertation régulière.
À cette occasion, le Dr Guindo a salué une avancée significative vers une gouvernance fondée sur la transparence et l’intégrité. « Cet accord symbolise notre volonté commune de protéger les ressources publiques par la prévention de l’enrichissement illicite », a-t-il affirmé.
Pour sa part, M. Cassama a rappelé que cette initiative s’inscrit dans un processus entamé dès 2022, visant à créer des synergies entre la BOAD et les organes de lutte contre la corruption dans l’espace UEMOA. Il a également salué les efforts de l’OCLEI au Mali et réaffirmé le soutien de la Banque à son action.
Cette signature intervient dans un contexte marqué par des inquiétudes croissantes sur la transparence de la gestion publique. Le rapport annuel 2023 de l’OCLEI, remis aux autorités de transition en novembre dernier, révèle une baisse inquiétante du nombre de déclarations de patrimoine : seulement 60 en 2023 contre 629 en 2018. Parmi les membres du gouvernement, seuls cinq ministres ont rempli cette obligation légale.
Le rapport signale également plusieurs irrégularités, dont une dépense injustifiée de 20,3 milliards de FCFA liée à un contrat entre la mairie de Bamako et la société Ozone Mali pour la gestion des déchets.
Malgré ce contexte, l’OCLEI a poursuivi ses efforts : 12 sessions de sensibilisation ont été organisées en 2023, touchant près de 1 000 participants. L’institution a également renforcé ses partenariats internationaux, notamment avec la Banque mondiale et le Bureau d’investigation spécial d’Afrique du Sud. Son budget exécuté s’est élevé à 2,427 milliards FCFA.
Avec ce nouveau partenariat, le Mali consolide l’ancrage régional de ses mécanismes de lutte contre la corruption et ouvre la voie à une collaboration technique renforcée entre bailleurs de fonds et institutions nationales de contrôle.
MD/te/Sf/APA






