Une levée première de fonds réussie à hauteur de 92 millions d’euros, par la région de Casablanca-Settat, marque l’ouverture accrue des collectivités territoriales marocaines aux marchés de capitaux.
La région de Casablanca-Settat a finalisé jeudi une émission obligataire d’un montant de 1 milliard de dirhams (environ 92 millions d’euros) sur le marché des capitaux marocain, devenant ainsi la première région du Royaume à recourir à ce type de financement, selon des informations communiquées par les autorités régionales.
Cette opération s’inscrit dans le cadre du Plan de développement régional (PDR) 2022-2027 et intervient dans un contexte de diversification des sources de financement des collectivités territoriales.
Ce recours au marché obligataire traduit une évolution des modes de financement public au Maroc, avec une volonté affichée de mobiliser des ressources alternatives aux circuits traditionnels. Le président du Conseil régional, Abdellatif Maâzouz, a qualifié l’opération d’« historique », soulignant qu’elle constitue une première étape dans la structuration du financement du PDR, en ligne avec les orientations royales en matière de régionalisation avancée.
L’intérêt manifesté par les investisseurs institutionnels confirme cette dynamique. Parmi les souscripteurs figurent plusieurs acteurs financiers nationaux, dont la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), la Banque centrale populaire (BCP), BMCE Capital Gestion, CIH Capital Management et Wafa Gestion, rejoints par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).
L’institution internationale a engagé 400 millions de dirhams (environ 37 millions d’euros) dans l’opération, accompagnés d’une assistance technique de 2 millions d’euros destinée à soutenir l’élaboration d’un plan d’action pour une région verte.
Au-delà de son caractère inédit, l’émission obligataire vise à soutenir des projets structurants inscrits dans le programme régional. Les fonds mobilisés doivent également contribuer à améliorer les performances financières et opérationnelles de la collectivité, notamment à travers la mise en place d’un cadre de transformation numérique et le déploiement d’un système intégré de gestion.
Ce mouvement s’inscrit dans une trajectoire financière assainie. Les autorités régionales indiquent avoir réduit l’encours de leur dette de 1,031 milliard de dirhams depuis octobre 2021, tout en engageant parallèlement 10 milliards de dirhams d’investissements, dont 7 milliards déjà décaissés.
MK/ak/te/Sf/APA







