Le président Abdel Fattah al-Sissi a procédé à un remaniement ministériel centré sur l’économie et les services, marqué par la nomination inattendue d’un nouveau ministre de la Défense.
Abdel Fattah al-Sissi a assisté mercredi à la prestation de serment de plusieurs nouveaux membres du gouvernement, dans le cadre d’un remaniement ciblant principalement les portefeuilles économiques et sectoriels. Si le Parlement avait approuvé la veille une liste de nouveaux ministres sans modification au ministère de la Défense, la présidence a annoncé mercredi matin la nomination de Ashraf Zaher, ancien président de l’Académie militaire, à la tête de ce département stratégique.
Ce remaniement intervient dans un contexte de crise économique profonde, décrite comme la plus sévère depuis des décennies. L’Égypte fait face à une inflation élevée, à une pression continue sur sa monnaie et à un endettement extérieur conséquent. Selon les données de la Banque centrale d’Égypte à mi-2025, la dette extérieure du pays s’élève à 161 milliards de dollars.
Le nouveau gouvernement conserve les titulaires des Affaires étrangères, de l’Intérieur et des Finances. Le ministère de l’Information, supprimé puis réorganisé à plusieurs reprises depuis 2011, est rétabli et confié à Diaa Rashwan, ancien président de l’Autorité générale des informations. Un poste inédit de vice-premier ministre chargé du développement économique a été créé et attribué à Hussein Issa.
Sur le plan économique, Ahmed Rostom, expert à la Banque mondiale, prend la tête du ministère du Plan et du Développement économique, succédant à Rania al-Mashat. Les ministères des Transports et de l’Industrie, auparavant regroupés, sont dissociés : Kamel al-Wazir conserve les Transports, tandis que Khaled Maher hérite de l’Industrie. L’investissement et le commerce extérieur sont confiés à Mohamed Farid Saleh.
À la tête du gouvernement depuis huit ans, Mustafa Madbouli supervise une période marquée par plusieurs dévaluations de la livre égyptienne et par l’application de mesures d’austérité liées au programme conclu avec le Fonds monétaire international en 2016, dont l’achèvement est prévu fin 2026.
Le président Sissi a assigné au nouveau cabinet des priorités axées sur la sécurité nationale, la politique étrangère, le développement économique, l’énergie et la sécurité alimentaire. Il a appelé à « l’amélioration de la situation économique » et à la réduction de la dette publique, tout en poursuivant la politique de cession d’actifs publics et d’élargissement du rôle du secteur privé, dans un contexte de pressions persistantes sur les finances publiques et les réserves en devises.
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