Le tribunal de grande instance Ouaga I rendra son verdict le 27 mars 2026 dans le procès impliquant l’ancienne ministre Laure Zongo/Hien et sept autres prévenus, à l’issue de plusieurs jours d’audiences consacrées aux plaidoiries et aux dernières déclarations des accusés.
Le pôle économique et financier du tribunal est saisi dans cette affaire connue sous le nom de « Yé Yaké Camille et autres », portant sur des accusations de détournement de deniers publics, complicité de détournement, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux.
Au total, huit personnes sont poursuivies dans ce dossier. L’ancienne ministre est notamment soupçonnée d’être impliquée dans un présumé détournement de carburant évalué à 115 millions de francs CFA.
Lors de sa dernière prise de parole à la barre, Laure Zongo/Hien s’est dite « choquée » d’être citée dans cette affaire. Elle a affirmé être rentrée immédiatement au Burkina Faso après avoir reçu une convocation de la justice afin de répondre aux accusations.
Elle a également contesté les déclarations du témoin Amidou Tiegnan, estimant que ce dernier n’a pas été en mesure d’expliquer concrètement comment elle aurait participé à un détournement. « Il a parlé de suppositions », a-t-elle déclaré devant le tribunal.
L’ancienne membre du gouvernement affirme n’avoir « jamais reçu quoi que ce soit de qui que ce soit » et rappelle que la gestion du carburant ne relève pas directement des attributions d’un ministre. Elle dit faire confiance à la justice pour trancher l’affaire.
De son côté, la défense a insisté sur l’absence de preuves matérielles. Me Adama Kagoné, l’un des avocats de Laure Zongo/Hien, a soutenu que le dossier repose essentiellement sur des déclarations contradictoires.
S’appuyant sur l’article 111-2 du Code pénal, qui prévoit que la loi pénale est d’interprétation stricte, l’avocat a estimé que seules des infractions clairement établies peuvent être sanctionnées.
Durant les audiences, le témoin Amidou Tiegnan a affirmé que les 115 millions de francs CFA de carburant au cœur des accusations auraient été partagés, tout en indiquant ne pas avoir reçu sa part.
La défense a également rejeté les allégations selon lesquelles l’ancienne ministre aurait perçu des sommes d’argent ou demandé l’achat de parcelles, affirmant qu’elle n’était pas informée d’éventuelles irrégularités dans la gestion administrative évoquée dans le dossier.
Le parquet a requis cinq ans de prison ferme ainsi qu’une amende de 258 millions de francs CFA à l’encontre de Laure Zongo/Hien. Le jugement est attendu le 27 mars prochain.
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