Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a annoncé, lors du dernier Conseil des ministres, une série de mesures visant à restructurer l’agriculture et la formation professionnelle, deux secteurs présentés comme leviers de souveraineté économique, sur fond de critiques persistantes sur la bureaucratie et l’efficacité des dispositifs publics.
Réuni lundi à Alger, le Conseil des ministres a validé l’installation de nouvelles coopératives agricoles relevant du groupe public Agrodiv, selon un communiqué officiel. Ces structures auront pour mission d’assurer la location d’engins destinés aux labours, à la moisson et aux prestations mécanisées, en fonction des superficies cultivées dans chaque wilaya. Le chef de l’État a instruit le Premier ministre d’élaborer « en toute urgence » un texte de loi encadrant ces coopératives et d’en assurer la mise en place avant la fin du mois de mars, afin d’anticiper le lancement de la campagne de moissonnage-battage, notamment précoce dans les régions du Sud.
Le président Tebboune a insisté sur la nécessité de mettre ces structures « au service des agriculteurs sur l’ensemble du territoire national » pour améliorer les rendements. Il a également précisé que l’acquisition du matériel agricole devra être effectuée par Agrodiv auprès de fabricants locaux qualifiés. Dans le même temps, il a dénoncé les « entraves bureaucratiques » qui ralentissent, selon lui, la modernisation du secteur, appelant à « privilégier le travail de terrain » et à en finir avec des pratiques administratives jugées contre-productives.
Pilier affiché de la diversification économique, l’agriculture contribue officiellement entre 12,3 % et 14,5 % du PIB et emploie plus de 2,6 millions de personnes, soit près de 23 % de la population active. La surface agricole utile atteint 8,6 millions d’hectares. Pour la campagne 2025-2026, la valeur de la production est estimée par les autorités à près de 38 milliards de dollars (plus de 4 700 milliards de dinars). Si ces indicateurs traduisent un poids significatif du secteur, plusieurs observateurs soulignent toutefois la dépendance persistante du pays aux importations alimentaires et la lenteur de la modernisation effective des exploitations.
En parallèle, le Conseil des ministres a mis l’accent sur la formation professionnelle, présentée comme socle de l’industrialisation. Le chef de l’État a ordonné la création de nouvelles filières dans des spécialités supérieures et complexes, y compris au bénéfice de stagiaires africains.
L’Algérie offre chaque année plus de 2.500 bourses aux jeunes du continent, dont plusieurs centaines dans la formation technique. Les autorités affirment vouloir adapter les cursus aux besoins du numérique, de l’intelligence artificielle et de la transition énergétique. Reste à savoir si l’articulation entre formation, tissu productif et climat des affaires permettra de transformer ces annonces en résultats mesurables.
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