L’Indice de perception de la corruption (IPC) 2025 de Transparency International met en évidence une Afrique du Nord globalement en difficulté, marquée par la stagnation du Maroc, le recul persistant de l’Algérie et une dégradation préoccupante en Tunisie.
Publié le 10 février 2026, l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2025 de Transparency International évalue 182 pays et territoires sur la base de la corruption perçue dans le secteur public. La moyenne mondiale atteint 42 points sur 100, son plus bas niveau depuis plus de dix ans. Les pays d’Afrique du Nord restent tous en dessous de ce seuil, traduisant des fragilités structurelles durables dans la gouvernance publique de la région.
Dans ce contexte régional contraint, Maroc conserve une position relativement plus favorable. Avec un score de 39 points sur 100, le Royaume se classe au 91e rang mondial, ex æquo avec la Tunisie. Ce résultat traduit une stabilité de la perception, portée par un cadre institutionnel progressivement renforcé et par l’existence de mécanismes de contrôle formels. Toutefois, Transparency International souligne que ces avancées demeurent insuffisantes pour enclencher une amélioration nette et durable sans accélération des réformes liées à la transparence et à la redevabilité.
La situation apparaît plus critique en Algérie, qui obtient 34 points sur 100 et recule au 109e rang mondial. Malgré un discours officiel récurrent sur la lutte contre la corruption, l’ONG relève l’absence d’effets tangibles sur la perception internationale. Les limites du contrôle institutionnel, la faible autonomie des contre-pouvoirs et la persistance d’une gouvernance opaque continuent de peser lourdement sur l’image du pays, nourrissant un décalage entre annonces politiques et réalités observées.
Cette dynamique défavorable se retrouve, de manière plus aiguë encore, en Tunisie. Longtemps perçue comme engagée dans une trajectoire de réformes après 2011, la Tunisie voit son score stagner à 39 points, sans progrès significatif. Transparency International pointe une dégradation de l’environnement institutionnel, marquée par l’affaiblissement des contre-pouvoirs, la concentration du pouvoir exécutif et les pressions exercées sur la société civile, autant de facteurs qui accentuent la défiance et brouillent la crédibilité des dispositifs anticorruption.
À l’autre extrémité du spectre régional, Libye demeure parmi les pays les plus mal classés au monde, avec 13 points sur 100 et un 177e rang mondial. L’ONG souligne que l’instabilité politique chronique, la fragmentation des institutions et l’absence d’un État central effectif rendent toute politique anticorruption largement inopérante à ce stade.
Au total, Transparency International estime que l’Afrique du Nord illustre les limites des stratégies déclaratives en matière de lutte contre la corruption. Si le Maroc parvient à préserver une relative stabilité et un cadre institutionnel fonctionnel, l’Algérie et la Tunisie font face à des blocages plus profonds, tandis que la Libye reste enfermée dans une crise systémique.
Sans réformes structurelles crédibles, indépendance effective des institutions de contrôle et ouverture réelle de l’espace civique, la région risque de voir se prolonger, voire s’aggraver, la défiance des citoyens et des partenaires internationaux.
MK/AK/Sf/APA







