Reçue le 17 juillet 2026 à Bamako par le Premier ministre Abdoulaye Maïga, en marge du Forum international de la diaspora, la directrice régionale de l’OIM, Sylvia Ekra, a proposé un meilleur alignement des programmes migratoires sur les priorités communes du Mali, du Burkina Faso et du Niger.
Accompagnée de la coordinatrice résidente des Nations Unies au Mali, Hanaa Singer-Hamdy, la directrice régionale de l’OIM, Sylvia Ekra, a présenté au chef du gouvernement les grandes lignes d’une « approche Sahel » destinée à mieux articuler les interventions de l’Organisation internationale pour les migrations dans l’espace de la Confédération des États du Sahel.
Cette orientation doit couvrir les défis humanitaires et transfrontaliers, la protection des migrants, l’accompagnement des retours et la réintégration, mais aussi la contribution de la diaspora au développement. L’OIM prévoit de s’appuyer sur un protocole opérationnel afin d’adapter ses projets aux priorités définies par les trois États.
Abdoulaye Maïga a salué cette démarche et les actions menées par l’organisation auprès des personnes en mobilité. Pour le Premier ministre malien, la migration occupe désormais une place croissante dans les politiques publiques, à la croisée des enjeux de sécurité, de développement, d’emploi et de protection humanitaire.
Continuité
L’audience s’inscrit dans le prolongement du Forum international de la diaspora, organisé du 16 au 18 juillet à Bamako pour renforcer la participation économique, scientifique et entrepreneuriale des Maliens établis à l’étranger. Sylvia Ekra avait déjà réaffirmé, lors de l’ouverture, la disponibilité de l’OIM à accompagner cette mobilisation.
Un mois auparavant, l’organisation avait soutenu les Diaspora Impact Days, qui avaient réuni à Bamako des représentants de la diaspora, des investisseurs, des institutions publiques et près de 220 jeunes entrepreneurs maliens. L’initiative visait notamment à rapprocher les porteurs de projets des compétences et des capitaux disponibles à l’étranger.
L’approche régionale annoncée s’appuie également sur la feuille de route arrêtée en 2026 entre l’OIM et le gouvernement malien. Celle-ci accorde une place prioritaire à l’amélioration des données migratoires, à la protection, au retour volontaire, à la réintégration et à l’actualisation de la politique nationale de migration.
En 2025, plus de 8 500 Maliens ont bénéficié d’un retour volontaire organisé avec l’appui de l’OIM. Près de 4 500 d’entre eux avaient ensuite commencé un parcours de réintégration, comprenant selon les profils une formation, un accompagnement social ou un soutien à la création d’activité.
Frontières
La dimension régionale répond à une réalité géographique et humaine. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger partagent l’espace du Liptako-Gourma, où les déplacements de populations, les migrations économiques, les retours, la transhumance et les mouvements liés à l’insécurité dépassent les frontières nationales.
En avril 2026, près de 3,5 millions de personnes étaient déplacées dans le Sahel central et le Liptako-Gourma, dont 2,75 millions de déplacés internes et plus de 739 000 réfugiés. Le Burkina Faso accueillait les trois quarts des déplacés internes recensés, devant le Mali et le Niger.
L’OIM dispose déjà d’outils régionaux de suivi des mouvements de populations, des routes migratoires et de la transhumance. Une approche propre aux trois États pourrait faciliter le partage des données, la coordination de l’assistance, la protection sur les corridors et la continuité de l’accompagnement entre les pays de départ, de transit et de retour.
Le plan de réponse de l’OIM pour le Mali prévoit en 2026 de mobiliser environ 11,2 millions de dollars afin d’atteindre 85 620 personnes, notamment dans les domaines de la protection, de l’assistance humanitaire, de la santé mentale et de la stabilisation communautaire.
Les prochaines étapes devraient permettre de traduire l’approche Sahel en projets conjoints, en dispositifs communs de collecte de données et en mécanismes coordonnés de retour et de réintégration.
L’audience de Bamako traduit ainsi une volonté de mieux articuler la protection des personnes en mobilité avec la mobilisation de la diaspora au service du développement économique et social de la région.
MD/Sf/APA







